En un seul projet de loi, d’une valeur d’environ 3240 milliards de dollars, le gouvernement fédéral américain a frappé sur à peu près tous les clous dans l’espoir de freiner les dommages économiques de la pandémie.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act (CARES) a été adopté par le Congrès américain et signé par Donald Trump le 27 mars dernier. Il est doté d’un budget de 2,3 billions de dollars américains, ou 3,2 billions de dollars canadiens, et touche à peu près à tout.

Crédits d’impôt versés directement aux particuliers, hausse des bénéfices de l’assurance-emploi, prêts et garanties de prêts aux entreprises et prêts aux petites entreprises qui conservent leurs employés, entre autres.

Deux autres projets de loi, plus petits, ont ajouté deux semaines de congé payé pour les victimes du virus et jusqu’à trois mois de congé payé aux deux tiers du salaire pour un employé qui doit s’occuper d’enfants dont l’école ou la garderie est fermée.

Des chèques pour tous

Du lot, la mesure la plus visible est un versement automatique de 1200 $ US à chaque adulte ayant produit des déclarations de revenus en 2018 et 2019, en plus des retraités qui bénéficient déjà de sommes du gouvernement. Les parents reçoivent aussi 500 $ pour chaque enfant mineur à charge.

La mesure se distingue de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de plusieurs façons. D’abord, il s’agit d’un paiement unique, du moins pour le moment, alors que la PCU prévoit jusqu’à quatre versements mensuels.

En revanche, elle ne nécessite aucune inscription de la part des bénéficiaires.

Tous les citoyens qui ont versé des impôts et dont le revenu était de moins de 72 000 $ US la reçoivent en entier. Ceux dont le revenu était de 72 000 $ US à 99 000 $ US reçoivent un versement moindre. Cela signifie que, contrairement à la PCU, même les travailleurs qui n’ont perdu aucun revenu la reçoivent.

L’objectif d’un tel paiement « universel » était de mettre de l’argent le plus rapidement possible dans les poches des citoyens. Malgré tout, les premiers versements électroniques américains ont été effectués vendredi dernier, quelques jours après les premiers débours de la PCU. Les chèques en papier se font toujours attendre. La volonté de la Maison-Blanche d’y voir apparaître le nom du président y serait pour quelque chose, selon le Washington Post.

La loi CARES inclut aussi une augmentation considérable des bénéfices de l’assurance-emploi. Plus de gens y sont devenus admissibles, notamment les travailleurs autonomes. Le versement a été bonifié de 600 $ US par semaine, les États ont reçu des incitations pour éliminer le délai de carence d’une semaine et la période d’admissibilité a été prolongée de 13 semaines.

Plus rapides, plus gros

Les économistes ont néanmoins pour la plupart bien accueilli les mesures déployées par le gouvernement américain.

« Les politiciens ont visiblement appris de [la crise de 2008] qu’il vaut mieux agir de façon vigoureuse rapidement pour prévenir une reprise lente et déficiente », a par exemple commenté l’économiste Leslie Preston, de la Banque TD, dans un rapport.

L’ensemble des mesures américaines totalise jusqu’à présent environ 11 % du PIB, comparativement à un peu moins de 10 % lors de la crise de 2008, calcule-t-elle. Elles ont aussi été déployées en un mois, comparativement à plus d’un an, et une part plus importante a été versée aux individus plutôt qu’aux entreprises.

États-Unis

Population : 328 millions d’habitants
PIB : 30 700 milliards
PIB par habitant : 93 600 $
Déficit en pourcentage du PIB : 4,5 % (2019)
Nombre de cas de COVID-19 : 763 832
Nombre de décès : 40 553