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Les fonds négociés en Bourse, une menace?

Jean Gagnon
La Presse

(Montréal) Nul doute que les fonds négociés en Bourse (FNB) gagnent chaque jour en popularité. Mais menacent-ils pour autant l'industrie des fonds communs?

Pour certains la réponse est oui, principalement parce que, tout en offrant une plus grande flexibilité, les FNB comportent des frais de gestion nettement inférieurs à ceux des fonds communs.

Mais pour d'autres, la réponse est non, car les FNB ne s'adressent pas au même créneau d'investisseurs que les fonds communs.

Un fonds négocié en Bourse est une valeur mobilière échangée sur un marché boursier et qui suit généralement le rendement d'un indice.

Il s'agit d'une seule valeur mobilière qui représente un panier de titres sous-jacents à un indice qui peut être constitué d'actions, d'obligations ou d'autres actifs tels que des marchandises.

Les actifs sous gestion dans les FNB totalisent aujourd'hui 28,8 milliards de dollars. C'est encore très loin des 582 milliards sous gestion dans les fonds communs.

Mais la progression du marché des FNB a été fulgurante au cours des neuf derniers mois, soit un taux de croissance de 49%, souligne Christian Charest, rédacteur en chef chez Morningstar.

«Cela devrait commencer à inquiéter les gens de l'industrie des fonds communs», dit-il.

La popularité des FNB devrait continuer d'augmenter, étant donné qu'ils sont beaucoup moins coûteux que les fonds communs.

Par exemple, le ratio médian des frais de gestion des fonds communs d'actions canadiennes est actuellement de 2,28%, alors que le ratio du fonds iShares XIC, le FNB copiant l'indice composé de la Bourse de Toronto, n'est que de 0,25%.

C'est donc 2% de rendement de plus pour l'investisseur chaque année. Ce qui étonne, c'est que malgré la publication d'études démontrant que les frais de gestion des fonds communs canadiens sont parmi les plus élevés au monde, l'industrie n'a pas encore commencé à s'attaquer vraiment à ce problème.

Rendements bas

La hausse de popularité des FNB n'est pas étrangère au fait que les marchés ont connu des baisses importantes en 2008 et au début de 2009.

Lorsque les rendements sont très bas, voire négatifs, les frais de gestion prennent d'autant plus d'importance, explique Jean-Paul Giacometti, associé chez Claret, une firme de gestion de portefeuille de Montréal.

«Les FNB menacent les fonds communs à cause des frais. Lorsque d'autres secousses frapperont les marchés, les fonds communs risquent d'être en difficulté», dit-il.

Deux marchés différents

Les canaux de distribution différents sont une des différences entre les FNB et les fonds communs.

Les FNB sont des titres cotés à la Bourse. Ils sont donc vendus par des courtiers en valeurs mobilières, que ce soit des courtiers de plein exercice ou des courtiers à escompte.

Quant aux fonds communs, ils sont vendus principalement par les conseillers en épargne collective.

C'est ce qui protège en partie l'industrie des fonds communs, explique Marc Dubuc, directeur principal Stratégie marketing et gestion des offres chez Desjardins. Les conseillers en épargne collective vont continuer de vendre des fonds communs.

Nul doute que les FNB sont voués à croître, car ils offrent une flexibilité intéressante pour les courtiers dans leurs offres de produits.

«Ce sont de bons produits qui vont prendre de l'ampleur», dit Marc Dubuc.

Mais ils ne constituent pas une menace pour l'industrie des fonds communs, selon lui.

Par ailleurs, l'écart entre les coûts des FNB comparativement à ceux des fonds communs n'est pas si grand si l'on tient compte des frais de courtage.

«Pour les FNB aussi il y a des frais pour le conseil: ce sont les commissions des courtiers», dit M. Dubuc.

Effet de levier

La popularité des FNB augmente également grâce au développement des fonds à effet de levier, souligne Christian Charest.

Ce sont des fonds qui reproduisent quotidiennement deux fois le rendement d'un marché spécifique, autant à la hausse qu'à la baisse.

Ces fonds sont très prisés par les investisseurs institutionnels ainsi que les particuliers qui appliquent à leurs portefeuilles des stratégies de gestion active.

 




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