« Il est crucial que les médecins se montrent prudents et procèdent à des investigations appropriées et que les parents consultent pour les nourrissons présentant de la fièvre, pendant la pandémie encore plus qu’avant », dit le Dr Brett Burstein, qui pratique à l’Hôpital de Montréal pour enfants et qui est également professeur adjoint au Département de pédiatrie de l’Université McGill.

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

« Le pic d’infections bactériennes graves que nous avons observé pendant la pandémie est préoccupant, poursuit-il. Comme il y a moins de virus en circulation en raison des mesures de santé publique, la fièvre est désormais plus souvent le signe d’une infection bactérienne grave ».

Si cette sortie publique est faite, c’est qu’une nouvelle étude, menée à l’Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill (HME-CUSM), vient d’être publiée dans JAMA Network Open (Journal of the American Medical Association).

Qu’on se rassure : ça n’a rien à voir avec une nouvelle maladie qui serait apparue.

En fait, selon l’étude, en même temps qu’il y a eu baisse de visites à l’urgence, il y a eu un pic de la proportion d’infections bactériennes graves détectées chez les nouveau-nés et les jeunes nourrissons. Réalisée de mars 2020 à mars 2021, l’étude démontre que si le nombre de visites aux urgences de l’HME pour des nourrissons fiévreux âgés de moins de trois mois a diminué de deux tiers, la proportion d’infections bactériennes graves dans ce groupe vulnérable a doublé, représentant 20 % des cas. En outre, la proportion d’infections bactériennes invasives (IBI) potentiellement mortelles a triplé au cours de la même période.

La fièvre est une raison fréquente de consultation à l’urgence, dit un communiqué du CUSM. « Une fièvre sans source évidente chez un nourrisson de moins de trois mois est toujours très préoccupante. […] Bien que dans la majorité des cas, les maladies qui provoquent la fièvre sont bénignes et se résorbent d’elles-mêmes, les statistiques des 30 dernières années indiquent qu’on détecte généralement une infection bactérienne grave chez environ 10 % d’entre eux. »

Mais encore une fois, comme la pandémie la réduction de contacts et le nombre d’infections moins graves qui peuvent causer de la fièvre, une infection bactérienne invasive doit plus que jamais être envisagée.

Il reste qu’une température élevée peut être comme toujours causée par toutes sortes de problèmes sans conséquence. L’idée n’est donc pas de paniquer, mais de consulter, selon le CUSM.