Dénonçant le climat de travail malsain à la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le « leadership toxique » de sa présidente, l’ancien directeur des affaires juridiques et de la négociation, MSylvain Bellavance, poursuit le syndicat et réclame 1 528 000 $ en indemnités et dommages moraux et punitifs.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Dans sa requête déposée vendredi à Montréal, MBellavance estime avoir été congédié abusivement le 31 juillet 2019 par la FMSQ. Il estime avoir été victime des « comportements abusifs de sa présidente », la Dre Diane Francœur.

MBellavance a commencé à travailler à la FMSQ en 1994. Il était directeur des affaires juridiques et de la négociation. C’est lui qui a négocié les hausses successives de rémunération des médecins spécialistes durant ces années.

Dre Francœur est arrivée en poste en 2014, après le départ en politique du président précédent, le DGaétan Barrette. C’est alors que le climat de travail a commencé à se dégrader selon la poursuite, dont les faits n’ont pas encore fait l’objet d’une preuve en cour.

En 2019, les comportements abusifs répétés de la Dre Francœur auraient amené MBellavance à prendre un congé de maladie, est-il écrit dans la requête. C’est durant ce congé qu’il sera congédié, par texto.

MBellavance estime que la Dre Francœur a fait preuve d’une « conduite malveillante » et d’un « style de gestion contrôlant ». Qu’elle avait « tendance à dévaloriser les autres » et adoptait une « conduite humiliante et abusive envers plusieurs », dont lui. Le climat de travail malsain instauré par Diane Francœur aurait entraîné un nombre record de démissions et de départs ces dernières années. Selon la poursuite, seulement 30 % des 55 membres du personnel présents au début du mandat de la Dre Francœur sont toujours en poste.

MBellavance reproche au conseil d’administration de la FMSQ de ne pas être intervenu pour corriger la situation. Une firme-conseil en psychologie organisationnelle a été engagée. Mais selon MBellanvance, l’opération a été détournée en un exercice pour « protéger l’image de la présidente ».

Les tensions entre MBellavance et la Dre Francœur se seraient particulièrement envenimées alors que l’avocat tentait de renouveler son contrat de travail. Après son congédiement, MBellavance a porté plainte pour harcèlement psychologique à la CNESST et a tenté de négocier une entente. Sans succès. MBellavance réclame 1 528 000 $ à la FMSQ, dont 200 000 $ de dommages moraux et punitifs.

La FMSQ dit avoir pris connaissance de cette poursuite « avec regret ». « Nous notons qu’il s’agit là du quatrième d’une série de recours déposés parallèlement par Me Bellavance devant les tribunaux à l’encontre de la FMSQ », écrit l’organisation dans une déclaration publiée vendredi après-midi. La FMSQ n’a toutefois pas voulu commenter plus en détails le dossier, notamment « par respect pour les obligations de réserve et de confidentialité qui incombent à la Fédération ». « La FMSQ est contre toute forme de harcèlement ou de violence physique ou verbale. Depuis 2005, nous avons d’ailleurs une politique pour prévenir et contrer le harcèlement. Celle-ci est mise à jour fréquemment », indique la FMSQ.