La proportion de la population qui prend des drogues illégales injectables a augmenté du tiers entre 2011 et 2016 au Canada, selon une nouvelle étude montréalaise. Le Québec est aussi touché par cette hausse, mais est l’une des provinces où ces drogues sont le moins populaires.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Le nombre d’usagers de drogues injectables a augmenté entre 2011 et 2016, mais le traitement avec des agonistes des opiacés est élevé et les échanges de seringues sont aussi à la hausse », écrivent les auteurs de l’étude, publiée vendredi dans l’American Journal of Public Health (AJPH). Les auteurs principaux œuvrent au CHUM et ont travaillé avec des collègues australiens et de Colombie-Britannique.

La proportion des Québécois qui s’injectent des drogues illégales est passée de 0,2 % à 0,27 % de la population, alors que la moyenne canadienne était en 2016 de 0,7 %. Seule l’Alberta a une proportion moins élevée de ce type de toxicomanes.

Le Québec fait moins bien pour les traitements avec des agonistes des opiacés, le nombre de traitements par 100 usagers de drogues injectables n’ayant presque pas bougé entre 2011 et 2016. Il se situe à 40 traitements par 100 usagers, ce qui est la proportion recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Au Canada, la proportion a augmenté de 60 à 70 traitements par 100 usagers entre 2011 et 2016.

Même portrait pour les échanges de seringues, où le Québec reste stable au niveau de la recommandation de l’OMS, 200 seringues par usager de drogue injectable. Au Canada cette proportion a augmenté de 200 à 300 entre 2011 et 2016. L’OMS vise 300 seringues par usager pour 2030.