Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs ontariens suggère que l’activité cérébrale des rats exposés au THC — le composant psychoactif vaporisé de la marijuana — est similaire à celle de la schizophrénie et de la psychose induite par le cannabis.

Liam Casey
La Presse canadienne

L’auteur principal de l’étude, Jibran Khokhar, professeur adjoint de neuroscience à l’Université de Guelph, a précisé que l’activité cérébrale « atténuée » des rats avait duré pendant au moins une semaine après l’exposition.

« C’était vraiment surprenant », a-t-il affirmé.

M. Khokhar et son équipe tentent de démêler la relation connue depuis longtemps entre la consommation de marijuana et la schizophrénie.

Une prédisposition génétique à la schizophrénie combinée à une exposition au cannabis peut augmenter le risque qu’une personne présente un épisode psychotique ou reçoive un diagnostic de schizophrénie, a expliqué M. Khokhar.

Mais le lien de causalité entre les deux n’est pas connu.

« L’objectif du laboratoire est d’essayer de résoudre ce problème de type “l’œuf ou la poule” concernant la consommation de substances psychoactives et la schizophrénie », a dit M. Khokhar.

Son équipe a implanté chirurgicalement des électrodes dans le cerveau de huit rats en bonne santé qui n’avaient jamais été exposés au tétrahydrocannabinol, ou THC. Après que les animaux se soient rétablis de l’opération, son équipe a pompé du THC vaporisé pur ou une solution saline dans des enclos de rat scellés.

Ils ont ensuite surveillé l’activité de plusieurs régions du cerveau des rats, y compris le cortex préfrontal, le cortex orbitofrontal et le striatum dorsal.

« Nous avons constaté que l’exposition unique au THC avait modifié l’activité individuelle de toutes les régions du cerveau, mais également modifié la manière dont ces régions communiquaient ou collaboraient entre elles », a dit M. Khokhar.

La recherche a été publiée récemment dans Canadian Journal of Addiction.

M. Khokhar a expliqué qu’ils ont construit des chambres personnalisées pour étudier plus avant le vapotage.

« Le cannabis vaporisé gagne en popularité et à mesure que de plus en plus de concentrés arrivent sur le marché, nous constatons une augmentation […] des formes hautement concentrées de THC (qui) seront probablement vaporisées avec ces stylos à vapotage », a expliqué M. Khokhar.

Les responsables de la santé publique au sud de la frontière enquêtent sur des centaines de maladies respiratoires graves — dont au moins sept décès —, la plupart liées au vapotage de l’huile de marijuana. La semaine dernière, des responsables canadiens ont annoncé ce qui semble être la première maladie liée au vapotage à London, en Ontario, qui a laissé un adolescent entre la vie et la mort.

L’administrateur en chef de la santé publique du Canada a révélé la semaine dernière qu’au moins trois déclarations de maladies potentiellement liées au vapotage faisaient l’objet d’une enquête, mais rien n’a été confirmé.

M. Khokhar a précisé que la popularité croissante du vapotage et les maladies pulmonaires rapportées mettent en lumière la nécessité de faire plus de recherches.