Un préposé a été attaqué hier matin par un patient de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. L’homme de 63 ans a subi des blessures graves, mais on ne craignait pas pour sa vie, hier.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

L’agression serait survenue dans l’unité des soins intensifs de l’établissement vers 3 h 20. Il s’agit de l’endroit où les malades en état de crise sont accueillis pour stabiliser leurs troubles mentaux. Le patient, un homme de 41 ans décrit comme corpulent, a été arrêté peu après.

Nathalie Beaudoin travaille à l’Institut Douglas depuis près de 30 ans. Elle est affectée à l’unité des soins intensifs, où les patients ne sont pas forcément violents malgré leurs symptômes aigus, note-t-elle, même s’il arrive qu’ils soient agressifs.

« On essaie d’être vigilants, mais en psychiatrie, il y a des impondérables. Le risque zéro n’existe pas, mais on ne peut pas stigmatiser les patients. » — Nathalie Beaudoin

Elle pense cependant que des mesures, comme une augmentation des effectifs, pourraient permettre au personnel de se sentir plus en sécurité.

Mme Beaudoin, qui connaît la victime de l’incident d’hier depuis plusieurs années, s’est dite peinée par l’attaque. « Cette personne a beaucoup d’expérience en psychiatrie, souligne-t-elle. C’est quelqu’un qui est à l’écoute des clients. »

Au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, duquel relève l’Institut Douglas, une porte-parole a répondu dans un courriel qu’il s’agissait « d’une situation exceptionnelle et malheureuse que [le CIUSSS prend] très au sérieux » et que « toutes les ressources ont été mises en place pour accompagner les employés touchés par l’événement ». Personne n’était disponible pour une entrevue en soirée.

Laxisme dénoncé

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui regroupe près de 76 000 membres, principalement des soins infirmiers, croit cependant que la direction n’en fait pas assez pour assurer la sécurité de ses employés. Après une attaque dans laquelle un employé avait été poignardé par un patient en septembre dernier, le syndicat aurait aimé voir l’installation notamment d’un détecteur de métal – il affirme d’ailleurs qu’un couteau a été trouvé entre deux portes récemment. 

« L’agression a aussi des répercussions autour, il y a beaucoup de gens qui sont tombés en [arrêt de travail] en septembre », souligne Elizabeth Rich, vice-présidente à la santé et à la sécurité au travail du Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal de la FIQ.

L’incident est le deuxième cette semaine à toucher un service de psychiatrie. Lundi, un patient a violemment battu un psychiatre du CHUS Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Le patient de 32 ans aurait frappé un médecin d’une soixantaine d’années au visage à plusieurs reprises. Il a ensuite été arrêté. Le CIUSSS de l’Estrie a affirmé à divers médias qu’il ferait une révision de l’incident pour voir si des actions auraient pu être faites différemment.

— Avec la Presse canadienne