Une demande de recours collectif déposée contre l'hôpital de Lachine

L'hôpital Lachine avait fait parvenir en février dernier... (Photo: André Pichette, archives La Presse)

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L'hôpital Lachine avait fait parvenir en février dernier une note aux patients ayant subi une chirurgie bariatrique considérée à risque en raison d'un problème de stérilisation.

Photo: André Pichette, archives La Presse

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Deux patientes qui auraient pu contracter une hépatite ou le VIH en raison de la stérilisation inadéquate d'un instrument chirurgical à l'Hôpital de Lachine ont déposé une demande de recours collectif contre l'établissement montréalais.

Les deux femmes, qui ont subi une chirurgie bariatrique en février 2013 et 2014, figurent parmi les quelque 150 patients ayant été informés par le centre hospitalier qu'une faille avait été détectée dans la procédure de nettoyage d'un rétracteur de foie utilisé pour ce type d'intervention.

Comme la totalité des patients qui ont été retracés jusqu'à présent par l'Hôpital de Lachine et qui ont subi des tests de dépistage sanguin dans la foulée de leur chirurgie, elles n'ont contracté aucun virus.

Elles réclament tout de même à l'établissement affilié au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) un dédommagement pour le stress causé par la situation et pour la perte de jouissance de la vie que celle-ci leur a occasionné, a précisé leur avocat, David Assor.

«Ces patients-là ont vécu des mauvais moments. Ça n'a pas de sens qu'un outil utilisé dans une chirurgie n'ait pas été nettoyé correctement entre les différents patients», a déploré Me Assor.

Selon lui, certains patients ont dû patienter des mois avant de subir des tests de dépistage sanguin, mais en plus, l'Hôpital de Lachine s'est comporté de manière inadéquate en informant les personnes touchées en catimini et a agi de façon irrespectueuse - à tout le moins avec les deux plaignantes.

Dans le document de 20 pages, on soutient ainsi qu'une infirmière en particulier s'est montrée antipathique en s'exprimant de façon «très offensante» et «très inappropriée» auprès des requérantes.

Lorsque celles-ci demandaient des détails entourant les problèmes de stérilisation, l'infirmière en question préférait insister sur le fait qu'elles auraient bien pu contracter le VIH ou une hépatite en partageant des seringues souillées pour s'injecter des drogues ou en ayant des relations sexuelles avec de nombreux partenaires.

«Il est clair que l'infirmière (...), qui agissait au nom du défendeur, tentait de minimiser la responsabilité du défendeur en jetant le blâme sur les patients qui appelaient ou qui venaient subir des tests de dépistage sanguin (...)», est-il écrit dans la requête.

Me Assor invite les autres patients qui sont passés sous le bistouri pour une chirurgie bariatrique de s'inscrire au recours collectif par l'entremise du site Internet du cabinet d'avocats Lex Group.

L'Hôpital de Lachine a fait parvenir en février 2014 une première série de lettres aux patients qui avaient, au cours des mois précédents, subi une chirurgie bariatrique considérée à risque en raison du problème de stérilisation.

À la lumière des tests effectués depuis, on estime que 89 pour cent de ces quelque 150 patients sont hors de danger, a affirmé mardi le directeur médical de la prévention des infections du CUSM, le docteur Charles Frenette.

Le médecin a alors refusé de parler d'une «erreur» de stérilisation et a plutôt fait valoir qu'il s'agissait d'une «procédure incomplète», qui a d'ailleurs été revue depuis. «C'était bien dit de le dévisser».

«On le dévissait, mais pas complètement», a-t-il reconnu, spécifiant qu'aucun membre du personnel n'avait été sanctionné dans la foulée de ce «nettoyage sous-optimal».

L'établissement de santé a refusé de commenter le dossier, mercredi.

Me Assor a demandé que la requête, qui a été déposée mardi, soit entendue par la Cour supérieure du Québec le 1er septembre 2014.

Un juge doit accepter si la requête est recevable pour que le recours collectif soit autorisé.




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