Itinérance: les obstacles à la réinsertion

1.La carte soleil (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Photo Robert Skinner, La Presse

Katia Gagnon
La Presse

Les sans-abri qui vivent depuis des années dans la rue se butent à des obstacles majeurs pour s'en sortir.

1.La carte soleil

Les sans-abri qui vivent depuis des années dans la rue n'ont souvent plus de pièces d'identité. Or, pas de carte d'assurance maladie, pas de paiement pour les médecins qui le traitent. Mais ça veut aussi dire pas d'accès au régime public d'assurance médicaments pour des médicaments psychiatriques parfois très chers «Tant que le client n'a pas accès à la RAMQ, on doit s'en tenir à d'autres médicaments, moins coûteux», déplore Lison Gagné. Joanie Méthot, qui travaille à la Mission Old Brewery, tente d'obtenir la carte soleil le plus rapidement possible pour les clients. Mais le processus demeure relativement complexe.

2.Trouver un hébergement

C'est la difficulté principale à laquelle font face Patrick Girard et Joanie Méthot. Parfois, les clients sont prêts à quitter le programme, mais leur cas est tellement complexe qu'ils sont éliminés de facto de plusieurs processus d'hébergement. Résultat: les patients figurent une liste d'attente... et l'attente peut être longue. «Nous, on peut faire le début, mais il faut une suite. Dans certains cas plus intenses, s'il n'y a rien après, on va juste les aider temporairement», souligne le docteur Farmer. Les critères stricts et le processus d'inscription rigide de plusieurs programmes communautaire sont un frein pour la clientèle itinérante. «Souvent, c'est plus facile d'y aller avec un propriétaire privé, qui comprend la nature de notre clientèle», observe Patrick Girard. Le programme de suivi intensif du CSSS Jeanne-Mance hérite alors de celui de ces cas problématiques qui vivent seuls en logement. L'équipe multidisciplinaire de 10 personnes suit actuellement 82 clients. Elle peut aller les visiter jusqu'à deux fois par jour. «On leur donne leurs médicaments. On les aide pour le ménage, l'épicerie. On magasine pour des bottes. On les amène au tribunal, affirme Marie-Ève Simard, qui travaille au programme. Tout ça dans le but de prévenir les hospitalisations et la judiciarisation.»

3.Assurer le suivi de santé

C'est le casse-tête auquel font face les psychiatres. Qui, à plus long terme, traitera ce patient qu'ils ont réussi de peine et de misère à stabiliser? Les docteurs Gagné et Farmer continuent de suivre certains de ces patients une fois qu'ils ont quitté le dortoir du PRISM, mais ils ne peuvent hériter de l'ensemble des cas. Normalement, c'est le centre de santé local (le plus près du domicile de la personne) qui doit prendre la relève. Mais dans les faits, transférer de tels dossiers n'est pas simple. «Il faut bien arrimer les gens à un service, sinon il y aura une nouvelle rupture de soins», dit la Dre Lison Gagné.




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