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Médecine de famille: plus de 70 postes vacants en résidence

La situation de la médecine de famille continue de se dégrader au Québec. Au point où 72 postes en résidence ne sont pas comblés cette année dans les facultés de médecine de la province.

Selon les informations obtenues par La Presse, les résultats du deuxième tour du Service de jumelage des résidents (CARMS) révèlent que près de 20% des postes en médecine de famille n'ont pas trouvé preneur. Seulement 309 des 381 postes de résidence disponibles ont été comblés.

 

Un problème qui ne se pose pas du côté de la médecine spécialisée. Les postes en résidence sont comblés à 95%, avec un total de 443 postes sur les 465 qui étaient disponibles au Québec.

C'est la troisième année que les données du CARMS confirment cette tendance. «C'est une proportion qui est encore plus grande que l'an passé», s'inquiète le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin.

«L'an passé, 87% des postes ont été comblés, alors que cette année, nous sommes à 81%. Cela ne fait que confirmer tout le problème de l'attractivité de la médecine familiale.»

La situation devient des plus alarmantes. Un Québécois sur quatre n'a pas de médecin de famille actuellement, rappelle le Dr Godin. «Dans quelques années, la situation va devenir absolument intenable.»

Les nouvelles données confirment ce que plusieurs craignaient. «C'est un peu ce à quoi on s'attendait, avec environ 40% de nos étudiants qui choisissent la médecine de famille alors qu'au Québec, on aurait besoin de 50% si on veut répondre aux besoins de la population québécoise», explique le Dr Pierre Durand, doyen de la faculté de médecine de l'Université Laval.

L'autre donnée inquiétante concerne la migration des étudiants qui choisissent de faire leur résidence dans une autre province. Cette année, le Québec affiche une perte de nette de 42 étudiants. L'an passé, elle était de 52.

«C'est une source de préoccupation. Il faut s'assurer qu'on garde nos étudiants ou à tout le moins, si on en perd, qu'on aille en chercher autant», indique le Dr Durand.

Le désintérêt face à la médecine de famille a atteint un point tel que les principaux intervenants - fédérations de médecins, facultés de médecine, gouvernement - se sont réunis la semaine dernière dans le cadre d'une table de concertation sur le sujet.

«C'est une situation qui est sérieuse, que je qualifierais presque de crise», a d'ailleurs commenté le ministre de la Santé, Yves Bolduc, au terme de la rencontre.

Chaque faculté de médecine a préparé un plan d'action pour attirer les étudiants en médecine de famille. Des groupes de travail travaillent aussi sur des solutions, tant au niveau de la valorisation de la profession, que l'organisation du travail et la prestation des services.

Actuellement, la profession compte 55% de médecins spécialistes et 45% de médecins omnipraticiens. Le gouvernement souhaite ramener les proportions à 50% pour chacun des groupes.

Il ne s'agit pas seulement d'augmenter le nombre de places en médecine de famille et de réduire ceux de la médecine spécialisée, déclare le président de la Fédération des médecins résidents du Québec, le Dr Martin Bernier. «Les étudiants vont choisir la médecine de famille par choix, pas par dépit.»

Et l'écart de rémunération qui subsiste entre les deux catégories n'améliore pas la situation. «Si la médecine de famille était rémunérée à même hauteur que la médecine spécialisée, on ne parlerait pas du problème», conclut le Dr Bernier.

 




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