Dans son dernier rapport annuel, le septième en autant d'années, le vérificateur général de Montréal met en garde l'administration Tremblay-Dauphin contre les risques de fraude. Après avoir examiné scrupuleusement le système informatisé d'approvisionnement de la Ville de Montréal, Michel Doyon en vient à la conclusion que les utilisateurs ont trop de latitude, et qu'en conséquence, «il y a un risque de fraude».

Sara Champagne LA PRESSE

Le système en question, baptisé SIMON, traite annuellement un milliard de dollars en commandes de toutes sortes. Les achats vont de la livraison de pierres concassées au matériel de bureau, en passant par les équipements de parcs municipaux.

 

À la lumière des vérifications effectuées au cours du premier trimestre de 2008, M. Doyon a constaté que trop de fonctionnaires, sur les 850 qui ont accès au système, peuvent «créer un bon de commande, l'approuver et en effectuer la réception». Ce qui signifie que des actes non autorisés, donc possiblement frauduleux, peuvent se produire.

Après analyse, le bureau du vérificateur a relevé la présence de 7206 fournisseurs dans le système dont le code postal et le numéro de téléphone n'apparaissaient pas. «Notre travail s'est arrêté là, a dit M. Doyon. Il aurait été trop fastidieux de pousser plus loin l'enquête pour déterminer s'il y a eu des fraudes.»

Sols contaminés

Les craintes du vérificateur général sont par ailleurs nombreuses au sujet de la gestion des sols contaminés, nombreux le long des cours d'eau à proximité des voies ferrées à Montréal. Si M. Doyon estime que les responsables de la ville centre ont les bonnes connaissances, il constate que le personnel des arrondissements manque d'information. «Il y a donc un risque d'émettre un permis sur un site contaminé», a déploré Michel Doyon, qui part à la retraite le 2 juin prochain.

De façon générale, Michel Doyon estime que la structure de la Ville de Montréal s'est améliorée, mais qu'on peut encore faire mieux. Il a par ailleurs signalé qu'un meilleur financement du bureau de vérification permettrait d'aller plus loin dans les enquêtes.

Au sujet de son successeur, Jacques Bergeron, le vérificateur sortant a souligné qu'il entrait en poste avec le plus gros mandat d'enquête jamais attribué. Celui de faire la lumière sur le contrat des compteurs d'eau au consortium GÉNiau, formé de Dessau et de la firme Simard-Beaudry.

En réaction au rapport, le directeur général de la Ville, Claude Léger, a assuré qu'il rencontrerait «un par un» les fonctionnaires qui ont l'autorisation d'effectuer des achats de 3000$ et plus avec le système SIMON. Ils seraient au nombre de 94, a-t-il dit.

En 2007, 93% des recommandations du vérificateur ont été réalisées ou étaient en voie de l'être.