Un inspecteur des aliments à la retraite prévient que les lacunes du Canada en matière de réglementation des importations de viande rendent le pays vulnérable au bioterrorisme et aux éclosions de bactéries dangereuses telles que la Listéria.

LA PRESSE CANADIENNE

xPaul Caron, ancien inspecteur de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), a écrit dans un rapport que le menace que représente la situation pour la sécurité est bien réelle.

«Il y a des éclosions de maladies animales comme la grippe aviaire et l'ESB - encéphalopathie spongiforme bovine - dans plusieurs pays du monde (...) Les récentes éclosions de Listéria devraient illustrer le potentiel d'introduction d'une maladie véhiculée par une source de viande importée», affirme-t-il.

M. Caron précise que les problèmes débutent à la frontière.

L'ACIA donne le feu vert aux importations américaines de viande avant qu'elle n'entrent au Canada. L'organisme fédéral annonce aux exportateurs américains au moins trois jours à l'avance si leurs cargaisons seront inspectées.

M. Caron affirme dans son rapport que cela pourrait permettre à certains exportateurs «peu recommandables» de se débarrasser de viande douteuse au Canada. Il croit également que la situation favorise la contrebande et des actes de bioterrorisme.

De leur côté, les Etats-Unis inspectent chaque cargaison de viande sur le point de franchir la frontière.

Une cargaison sur 10 entrant au Canada est examinée de près par l'ACIA. Certaines des installations d'inspection sont situées à des centaines de kilomètres de la frontière, est-il écrit dans le rapport.

Les entreprises sont autorisés à sélectionner l'endroit où leur viande sera inspectée, les importateurs ayant ainsi la possibilité de «choisir un inspecteur qui est plus clément en général ou, pire encore, un inspecteur avec lequel ils ont une entente».

Plusieurs inspecteurs sont sans expérience et n'ont pas la formation et l'expertise nécessaires pour repérer la viande présentant un risque, a écrit M. Caron.

M. Caron a quitté l'ACIA en 2005 afin de travailler à titre d'expert-conseil de l'industrie de la viande. Son nom figure sur une liste de personnes qui pourraient être appelées à témoigner devant le sous-comité de la Chambre des communes appelé à se pencher sur la question de la salubrité des aliments. Plus tôt ce mois-ci, il a envoyé son rapport au député libéral Wayne Easter, vice-président d ce sous-comité.