Le premier ministre Stephen Harper croit avoir trouvé en Barack Obama un solide allié pour combattre le protectionnisme partout sur la planète.

Mis à jour le 24 févr. 2009
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Après avoir craint le pire lorsque le président des États-Unis a proposé son plan de relance économique de 787 milliards US, il y a trois semaines, M. Harper a dit avoir été rassuré pleinement par Barack Obama au sujet des intentions de son administration démocrate lors de sa visite officielle à Ottawa la semaine dernière.

 

Le protectionnisme a fait partie des discussions entre les deux hommes durant leur rencontre.

Dans une entrevue accordée hier au réseau Fox dans le cadre de son voyage éclair à New York, le premier ministre Harper a affirmé que son homologue américain et lui pourront lutter efficacement contre toute velléité protectionniste durant le prochain sommet des pays membres du G20 à Londres.

«Nous allons avoir un autre sommet des pays membres du G20 à Londres en avril. Le président Obama et moi avons discuté de cette question. Alors, je pense que les voix contre le protectionnisme seront très fortes à cette réunion», a affirmé le premier ministre.

Craintes initiales

Le gouvernement canadien avait exprimé ses craintes de voir une flambée du protectionnisme lorsque le Congrès américain s'est penché sur le plan de relance économique du président Obama.

La version initiale de ce plan de relance contenait une clause dite « Buy America «, notamment pour l'achat d'acier pour les projets d'infrastructure financés avec l'argent des contribuables américains.

Mais la version finale du plan qui a été adoptée a été amendée pour préciser que cette clause devait être appliquée de manière à ce que les États-Unis respectent leurs obligations en matière de commerce.

Dans l'entrevue à Fox, M. Harper a réitéré qu'une montée du protectionnisme dans les pays industrialisés pourrait transformer la récession mondiale en une dépression, comme ce fut le cas dans les années 30.

Le premier ministre Stephen Harper a aussi affirmé que la récession aux États-Unis risque de perdurer aussi longtemps que les autorités américaines n'auront pas assaini leur système financier et leur système bancaire.

M. Harper a décidé de faire ce voyage à New York a fin de profiter de l'élan favorable aux relations canado-américaines provoqué par la visite de M. Obama la sema i ne dernière, selon ses proches collaborateurs.

En plus d'accorder des entrevues à des médias américains, M. Harper a rencontré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et aussi participé à une table ronde avec des gens d'affaires américains.

Le dossier de l'Afghanistan

L'épineux dossier de la mission en Afghanistan a été au coeur des discussions entre M. Harper et le secrétaire général de l'ONU.

Les deux hommes devaient aussi discuter du sort de deux diplomates canadiens enlevés à la mi-décembre, soit Robert Fowler, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Niger, et de son adjoint, Louis Guay. La branche nordafricaine d'Al-Qaeda a revendiqué cet enlèvement. Aucun point de presse n'a eu lieu après la rencontre.

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, se rend pour sa part à Washington aujourd'hui afin d'y rencontrer sa nouvelle homologue, Hillary Clinton, qui revient d'une tournée en Asie. Le dossier afghan sera de nouveau l'un des principaux sujets à l'ordre du jour de cette rencontre.

Prudence

À Ottawa, les partis de l'opposition ont réagi avec prudence à ce périple du premier ministre à New York. Le Parti libéral et le NPD ont critiqué le manque de transparence de la part du premier ministre.

« Il y a des dossiers importants à discuter avec le secrétaire général de l'ONU. Naturellement, notre mission en Afghanistan, c'est une question importante pour l'ONU, mais ce qui est remarquable, c'est franchement le manque de transparence totale au sujet de ce qui a été discuté «, a affirmé le critique libéral aux affaires étrangères, Bob Rae.