La ministre fédérale responsable de la région de Québec, Josée Verner, est en faveur d'une cérémonie proposée par la nation huronne-wendat afin d'enterrer la hache de guerre une bonne fois pour toutes sur les plaines d'Abraham.

Mis à jour le 20 févr. 2009
Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

Mme Verner a affirmé vendredi que cette suggestion du grand chef Konrad Sioui faisait «du bien», après la controverse suscitée par la commémoration de la bataille sur les hauteurs de Québec, qui a marqué la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques, il y a 250 ans. «Tout ce qui fait la promotion de la paix et qui exclut les menaces et la violence, moi, je suis toujours partie prenante dans ça», a-t-elle déclaré.

Afin de ne pas s'ingérer dans la programmation de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN), Mme Verner n'incitera cependant pas l'agence fédérale à retenir la proposition formulée par la nation huronne-wendat.

«Si le grand chef Sioui a un projet à présenter dans ce cadre-là, je l'invite à le faire», a-t-elle dit lors d'un point de presse, après avoir annoncé un investissement pour la formation professionnelle des autochtones.

Mardi, la CCBN a annoncé l'annulation de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham, qui devait souligner les 250 ans de l'affrontement, l'été prochain.

Mercredi, le conseil de la nation huronne-wendat a proposé à la CCBN de présider une cérémonie réunissant Premières Nations, Français, Anglais, Ecossais, Irlandais, nouveaux immigrants, souverainistes et fédéralistes afin d'enterrer des symboles de discorde sous un pin blanc, qui serait planté sur les plaines d'Abraham.

Vendredi, M. Sioui, qui a pris part à une conférence de presse avec Mme Verner, s'est défendu de vouloir s'immiscer dans le récent débat politique, soutenant que sa démarche vise davantage l'apaisement.

«On entendait pendant deux, trois semaines, presque un mois, les Français et les Anglais, si on veut les appeler de même, s'invectiver, se dire des gros mots et même finir par se menacer et utiliser des gestes de violence, a-t-il dit. On a dit: «le grand frère va intervenir', les Premières Nations, les hurons-wendat, qui étaient là, qui sont toujours là et on va tenter de proposer quelque chose qui va permettre à tout le monde de s'apaiser.»

Selon M. Sioui, la controverse des dernières semaines, qui a mené à l'annulation de la reconstitution, indique que la hache de guerre n'est pas enterrée.

Le grand chef a cependant tenu à rappeler que ce n'était pas le cas des hurons-wendat, qui ont conclu un traité de paix avec les Britanniques, après avoir combattu aux côtés des Français durant la bataille du 13 septembre 1759.

«J'ai vu qu'il y avait une faction des Québécois, patriotes, qui ne semblent pas avoir enterré la hache de guerre», a-t-il dit.

M. Sioui, qui a succédé à Max Gros-Louis aux dernières élections du conseil huron-wendat, a indiqué qu'il attendait encore une réponse du président de la CCBN, André Juneau.

«Si c'est pas intéressant, qu'il le dise et qu'il continue à proposer des histoires que les gens, peut-être, ne comprendront pas», a-t-il dit.

Dans l'éventualité d'un refus de la CCBN, M. Sioui n'a pas exclu d'organiser quand même sa cérémonie.

«On en parlera avec les autres chefs, l'Assemblée des Premières Nations peut être intéressée à «leader» ça», a-t-il dit.

Par ailleurs, vendredi, dans la réserve de Wendake, Mme Verner a annoncé un financement de 4,9 millions $ afin de soutenir les autochtones qui veulent suivre une formation professionnelle dans le secteur du tourisme.