La sainte Flanelle est en téflon. Les dernières révélations sur les fréquentations de trois joueurs du Canadien avec un membre présumé du crime organisé ne semblent pas avoir ébranlé la cote d'amour de ses partisans.

Mis à jour le 22 févr. 2009
Violaine Ballivy LA PRESSE

L'important, disent-ils, c'est encore le nombre de points marqués en temps réglementaire.

Samedi, 14h30. Les fans marchent d'un pas rapide vers l'entrée du Centre Bell avant le début d'un match qui s'annonce de la plus haute importance : le club est de retour après un voyage ponctué par les défaites, les révélations embarrassantes et la mise à l'écart du joueur étoile Alex Kovalev.

Guillaume Lavoie accompagne l'équipe des Jets de Saint-Hubert, dont les joueurs sont âgés de 8 et 9 ans. Leurs attentes sont énormes: «Ils n'ont pas le choix de gagner», tranche Zacchary, 9 ans. Son père, Guillaume, ne se formalise pas de la controverse récente à propos du mode de vie de certains joueurs. «Il faut être naïf pour penser qu'ils ne sortent pas, qu'ils ne font pas la fête, qu'ils sont toujours tranquilles. Ce sont des adultes qui ont beaucoup d'argent pour s'amuser.»

«Les joueurs peuvent bien sortir tous les soirs et fréquenter qui ils veulent, pourvu qu'ils jouent bien, dit Marc Olivier Habel, 25 ans. Moi, quand je fais la fête, je suis capable de rentrer travailler le lendemain et d'être efficace. » Ce partisan, venu de Sainte-Croix-de-Lotbinière pour l'occasion, n'est pas déçu du comportement des joueurs quand ils enlèvent leurs patins. «Il n'y a personne de parfait dans la vie, et ce qu'ils font en privé, cela ne me regarde tout simplement pas», dit-il.

«Shayne Corson n'était pas un enfant de choeur quand il allait dans les bars, mais il était bon sur la glace, c'est ce qui compte», ajoute Samuel Allard.

De mauvais exemples?

Pour Raymond Plasse, le hockey est une affaire de famille. Mais ce père de deux enfants ne craint pas que le comportement des joueurs fasse d'eux de mauvais exemples pour les jeunes, très nombreux au Centre Bell hier après-midi. Son fils cadet, Frédéric, 11 ans, a le visage peint de logos du Canadien et ses yeux s'éclairent à la simple évocation des performances des joueurs du Tricolore. « Ce sont les parents qui sont responsables d'inculquer de bonnes valeurs à leurs enfants, dit M. Plasse. Le hockey, ça reste le hockey. Les enfants ont beaucoup d'autres héros. »

«Ce ne sont peut-être pas les meilleurs modèles de l'heure, ils donnent une image très superficielle de la réussite, nuance la mère de Louka, Anne Godbout. Mais ils n'ont rien fait d'illégal, alors je ne suis pas prête à les juger.»

«Certains joueurs devraient peut-être moins faire la fête, au salaire qu'ils gagnent, dit pour sa part Sophie Couture. Parce que s'ils ne font pas les séries éliminatoires, là, les fans vont être déçus... et la huitième place est très proche.»

«Les médias parleraient beaucoup moins des mauvaises fréquentations des joueurs s'ils étaient meilleurs sur la glace ces temps-ci...» fait observer Simon Lapierre quelques heures avant que le Tricolore l'emporte 5 à 3 contre les Sénateurs d'Ottawa.