Après trois jours de délibérations, le jury a déclaré Sylvain Vincent coupable de meurtre non prémédité, jeudi, en fin de journée au palais de justice de Saint-Jérôme.

Caroline Touzin LA PRESSE

Vincent, 46 ans, était accusé du meurtre prémédité d'Yves Couture, son ancien superviseur à la base militaire de Longue-Pointe. Les jurés n'ont donc pas retenu la thèse de la préméditation.

M. Couture, 45 ans, a été assassiné sous les yeux de son fils de 5 ans dans son entrée de garage de La Plaine au nord de Montréal. De nombreux proches et anciens collègues de travail de la victime ont assisté au procès.  Son frère, Jacques Couture, s'est dit «très déçu» que les jurés n'aient pas trouvé l'accusé coupable de meurtre prémédité, le crime le plus grave du Code criminel. La famille préfère ne pas faire davantage de commentaires pour l'instant.

Au moment des plaidoiries, la défense avait plaidé que Vincent avait tiré «accidentellement» sur son ex-superviseur de travail, commettant un homicide involontaire coupable. Selon la Couronne, l'accusé, éprouvant de la «rage» et de la «hargne» envers sa victime, avait plutôt commis un meurtre prémédité.

M. Vincent s'est rendu chez la victime, le 14 août 2007, un fusil de chasse de calibre .410 chargé dans un sac.

L'avocat de la défense a reconnu durant le procès que son client éprouvait de la «frustration, même de la rage» quand il est parti de chez lui à Laval pour se diriger vers La Plaine. Cela faisait un an que Vincent avait perdu son emploi de soudeur à la base militaire de Longue-Pointe. Il blâmait Yves Couture pour la perte de son emploi. Mais il aurait changé d'idée au sujet du meurtre et voulait seulement se servir de son arme de manière «dissuasive», selon la défense qui n'a pas présenté de preuve au procès.

Le juge Jerry Zigman entendra les plaidoiries sur la peine ce matin.