Les provinces accentuent la pression sur Ottawa, faisant front commun pour réclamer une rencontre fédérale-provinciale spéciale sur le financement de la culture.

LA PRESSE CANADIENNE

La grogne contre le gouvernement Harper, dans le dossier de la culture, essaime donc à travers la classe politique de pratiquement tout le pays.Au total, 11 provinces et territoires ont convenu vendredi, à Québec, de demander au gouvernement fédéral de convoquer les ministres de la Culture de tout le pays, dès le lendemain du scrutin du 14 octobre.

D'une seule voix, les ministres présents à Québec ont rédigé une résolution exhortant le gouvernement de Stephen Harper à annuler les coupes de 45 millions $ dans divers programmes culturels, dont ceux permettant aux artistes de représenter le Canada à l'étranger.

Ils demandent aussi à Ottawa de trouver le moyen de mieux soutenir financièrement le secteur culturel, à travers le pays.

Seules l'Alberta et la Colombie-Britannique ont boudé la rencontre de deux jours, qui se substituait à une rencontre fédérale-provinciale de la culture annulée en raison de la campagne électorale.

Les deux provinces de l'ouest ont préféré s'abstenir, compte tenu de la campagne électorale.

«Ce mouvement est vraiment d'un océan à l'autre», a commenté la ministre du Québec, Christine St-Pierre, au cours d'un point de presse commun, au terme de la rencontre de deux jours.

La résolution parle d'elle-même et constitue un message «haut et fort» lancé au gouvernement fédéral, a-t-elle ajouté.

«Je suis très préoccupée», a renchéri la ministre de la Culture de l'Ontario, Aileen Carroll, en français.

Elle a déploré l'effet multiplicateur qu'auraient les coupes en culture effectuées par Ottawa sur l'ensemble de l'économie.

Ottawa doit donc «rétablir les programmes qu'il a récemment éliminés et augmenter le financement fédéral accordé aux arts et à la culture», a-t-elle tranché.

Le ministre de la Culture de Terre-Neuve-et-Labrador, Clyde Jackman, est allé plus loin pour dire que le geste du gouvernement fédéral n'était «pas seulement une question d'argent perdu, c'est à propos de ce qui nous définit comme société».

Voilà ce que certaines personnes en autorité à Ottawa ne semblent pas comprendre, selon lui.

Le ministre de Terre-Neuve ne s'est pas défilé quand on lui a demandé si cet enjeu devait orienter le vote, le 14 octobre.

À ses yeux, au moment de tracer leur X, les électeurs devraient sérieusement se demander lequel des partis «comprend l'importance de la culture dans notre société».

Rappelons que le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dany Williams, a lancé le mouvement «A-B-C», pour «anybody but conservative» (n'importe qui sauf les conservateurs).

Les ministres ont pris soin d'indiquer que la culture n'était pas une dépense, mais bien un investissement «qui se traduit par d'importantes retombées, autant économiques que sociales».

Le cabinet du premier ministre Harper a réagi à la sortie des provinces, en disant qu'il y avait des «rencontres et des échanges sur une base régulière» entre Ottawa et les provinces, mais bref, en termes clairs, en refusant de s'engager à acquiescer à leur demande d'une rencontre fédérale-provinciale en bonne et due forme.