Les affiches partisanes de la campagne électorale municipale de l'automne dernier sont décrochées depuis longtemps, les communiqués de presse sont archivés et les rapports financiers de la bataille électorale ont été déposés depuis belle lurette.

Kathleen Lévesque LA PRESSE

Mais le remboursement des dépenses électorales, lui, tarde, et le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) estime que l'exercice ne sera complété qu'à la fin de l'automne.

Le DGEQ confirme qu'il y a « des délais additionnels » compte tenu des nouvelles règles de financement public. Depuis l'année dernière, toute municipalité de 20 000 habitants et plus verse un revenu d'appariement aux partis politiques et aux candidats indépendants qui y ont droit. Jusqu'en 2016, seules les villes de Montréal et Québec y avaient droit.

Ainsi, pour chaque dollar de contribution amassé en vue des élections, les villes donnent 2,50 $. Cela s'applique à l'année électorale, donc entre le 1er janvier 2017 et le jour du scrutin.

C'est le DGEQ qui doit donner l'autorisation aux villes de faire le versement de cet argent. Cela ajoute donc une étape au travail de vérification en cours. La tenue des élections provinciales cet automne n'a aucune incidence sur le dossier municipal ; il s'agit de deux équipes distinctes, précise-t-on.

Au total, ce sont 1983 dossiers qui sont présentement en traitement au DGEQ. L'équipe de vérification a commencé par les municipalités de 20 000 habitants et plus ; on en compte une soixantaine au Québec.

IMPATIENCE

Au Parti Laval, qui forme l'opposition officielle à l'hôtel de ville, on reconnaît avoir été prévenu du retard. « Le trésorier de la Ville nous avait d'abord dit que nous recevrions l'argent en juin, mais récemment, il nous a prévenus que ça irait en septembre », a indiqué vendredi le chef du Parti Laval, Michel Trottier. Au DGEQ, il est plutôt question de compléter le travail à la fin de l'automne.

Une première partie du remboursement a été versée, mais le Parti Laval attend quelque 30 000 $ afin de rembourser les prêts accordés par ses candidats. « Certains se sont serré la ceinture pour se lancer en politique. Ils attendent donc le remboursement avec une certaine impatience », a indiqué M. Trottier.

La situation est semblable du côté du parti Longueuil Citoyen, qui dit avoir été tenu dans l'ignorance. « Un nouveau parti comme le nôtre qui voulait mener une campagne d'envergure a eu besoin que les candidats lui fassent un prêt. Présentement, on est toujours en attente de près de 40 000 $ », a expliqué la chef du parti, Josée Latendresse.

Cette dernière souligne par ailleurs que le travail exigé de la part des agents officiels est très lourd. Une fois le rapport de dépenses électorales déposé à la Ville, 117 demandes d'information supplémentaire et de précisions de toutes sortes ont été acheminées à Longueuil Citoyen. « Un véritable défi qui allonge les délais », selon Mme Latendresse.