Même si le Parti québécois est à la traîne dans les sondages depuis des mois, son chef Jean-François Lisée a prêché la patience, vendredi. Il n'entend rien modifier à sa stratégie d'ici aux élections du 1er octobre.

Mis à jour le 15 juin 2018
Martin Croteau LA PRESSE

«On ne doit pas changer, a dit le chef péquiste en faisant le bilan de la session parlementaire. On doit rester vrais et authentiques. Ce qu'on a à proposer aux Québécois, c'est ce qu'on leur dit depuis un an et demi que je suis chef.»

M. Lisée a énuméré en détail plusieurs combats menés par ses députés en matière d'éducation, de petite enfance, d'immigration, de santé. Face au Parti libéral qui table sur «l'oubli» des électeurs et à la Coalition avenir Québec comme parti du «changement à tout prix», il a dépeint son parti comme celui des «convictions» et de la «crédibilité».

«Je pense que tout ce qu'on a fait dans ces dernières années et cette dernière session témoigne que le PQ est fidèle à ses convictions, montre des solutions crédibles et que, nous, on ne table pas sur l'oubli ou le changement à tout prix. On table sur les convictions et la crédibilité.» 

Le dernier sondage Ipsos-La Presse situait le PQ en troisième place dans les intentions de vote. Avec un score de 20%, il se trouvait loin derrière la Coalition avenir Québec (35%) et le Parti libéral (32%).

Signe des temps, ni Philippe Couillard, ni François Legault n'ont évoqué le nom de M. Lisée lorsqu'ils ont dressé le bilan de leur session. Une omission dont le chef péquiste ne s'est pas formalisée. Au contraire, il s'est dit confortable dans le rôle du négligé.

«Soyez patients», a-t-il simplement dit.

«On le voit de toute façon que dans chaque cycle politique, de plus en plus de gens se décident à la dernière minute», a-t-il ajouté.

Au terme de sa première course à la direction du PQ, Jean-François Lisée a déclaré que les militants péquistes allaient vivre leur «moment Pierre-Karl Péladeau». Vendredi, il a tracé un parallèle entre cette phrase et la position de tête qu'occupe son rival François Legault dans les sondages.

Selon lui, cette embellie reflète le désir de changement des Québécois après 15 années de gouvernement libéral. Mais il s'attend à ce que l'électorat déchante d'ici au scrutin du 1er octobre.

«On dit ne regardez pas juste la couverture, lisez le chapitre, a résumé M. Lisée. Quand vous allez voir les détails, vous allez déchanter.»