Uber va tenter d'amadouer le gouvernement en promettant des redevances plus élevées sur les courses, prédit le représentant de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, à l'ouverture de trois jours de consultation en commission parlementaire sur le projet de loi 100 sur l'industrie du taxi.

Publié le 24 mai 2016
Denis Lessard LA PRESSE

L'industrie du taxi, que représente l'ancien ministre des Transports Guy Chevrette, est favorable au projet de loi qui forcerait les chauffeurs d'Uber à obtenir une licence et un permis de taxi avant de transporter des clients. Une telle obligation ne permettrait plus au modèle d'Uber de fonctionner, affirme de son côté la multinationale.

Celle-ci sera entendue en après midi à la Commission parlementaire. Pour M. Chevrette, « Uber a un comportement de criminel endurci. Il sait qu'on est dans une société de droit, qu'on a des droits et règlements. On ne peut pas parler d'un exemple de vertu, c'est un voleur, qui vole nos taxes. Ça m'insulte, cela me rend honteux que le gouvernement prenne autant de temps pour arrêter un voleur. Si c'était un petit citoyen derrière les barreaux, cela fait longtemps qu'on l'aurait collecté ! », a-t-il martelé.

Pour lui, le débat autour d'Uber va bien au-delà du paiement de la TVQ et de la TPS. « On gruge le revenu de 22 000 travailleurs du taxi et personne ne s'en soucie. Même les jeunes libéraux ! Ils ne sont pas conscients de ce que c'est: 22 000 travailleurs se sont acheté un emploi, ont payé 200 000 $ et voient des gens sans gêne venir voler leur territoire ! », a lancé M. Chevrette.

Les chauffeurs s'attendent à ce que le gouvernement rachète leurs permis, une facture totale de 1,4 milliard de dollars s'il veut laisser libre cours à Uber, « s'ils abolissent le système de permis, qu'ils nous exproprient ! Ce serait mieux que de nous faire gruger à long terme », a soutenu l'ancien ministre.

Pour M. Chevrette on ne peut parler « d'économie du partage » quand un système demande 400 $ pour une course de Montréal à Laval en période de pointe.