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Conflit sur les régimes de retraite: Sainte-Thérèse annule sa Fête nationale

Marc Ranger, de la Coalition syndicale pour la... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Marc Ranger, de la Coalition syndicale pour la libre négociation, assure que la situation à Sainte-Thérèse - où le refus des employés municipaux de faire des heures supplémentaires a entraîné l'annulation de festivités - n'est pas le résultat d'un mot d'ordre de la coalition.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Le conflit qui oppose les employés municipaux aux villes du Québec au sujet des régimes de retraite a entraîné l'annulation d'un événement.

La Ville de Sainte-Thérèse a annoncé hier que les célébrations de la Fête nationale qu'elle organisait n'auraient pas lieu. Un spectacle d'Édith Butler, prévu le 1er juillet sur la place du Village, a également été annulé.

Dans un communiqué, la Ville affirme que le refus des employés de faire des heures supplémentaires, dans le cadre des moyens de pression qu'ils exercent, l'a obligée à annuler les festivités.

«On ne peut pas forcer les employés à faire des heures supplémentaires, donc on y va sur une base volontaire. On a affiché les heures, personne n'a donné son nom. On a besoin d'une soixantaine d'employés pour une fête sécuritaire qui tient debout», a indiqué le maire suppléant de Sainte-Thérèse, Luc Vézina.

«Dans la convention, on nous permet d'accepter ou non les heures supplémentaires, réplique le président du syndicat des employés municipaux de la Ville de Sainte-Thérèse, Daniel Gauthier. On était prêts à monter le site le 23 juin et à le défaire le 25, sans travailler le 24. Et d'autres employés et des cadres auraient pu travailler le 24.»

Incident isolé?

L'exemple de Sainte-Thérèse pourrait-il faire boule de neige et être réutilisé comme moyen de pression dans le cadre de la contestation entourant le projet de loi de Québec sur les régimes de retraite des employés municipaux?

«On ne se mettra pas à cibler la Fête nationale ni la fête du Canada, assure Marc Ranger, de la Coalition syndicale pour la libre négociation, qui représente 65 000 employés municipaux. Ce sont des fêtes familiales. On représente des employés qui vivent dans des municipalités, qui ont des familles et qui assistent à ces fêtes.»

M. Ranger précise que des gestes comme la manifestation de mardi, devant l'hôtel de ville de Montréal, cadrent davantage avec sa stratégie. «On en a fait un drame aux nouvelles, mais tout le monde a survécu», ajoute-t-il.

Sans viser précisément les fêtes à venir, un refus de travailler en heures supplémentaires, par exemple, pourrait toutefois nuire à la tenue de ces événements. Mais ce moyen de pression est officiellement impossible à appliquer.

«On n'exclut aucun moyen, rappelle M. Ranger. Mais on ne pourrait pas annoncer une grève des heures supplémentaires, car ça serait une mesure illégale. Pour avoir le droit de grève, il faut que la convention collective soit échue. Là, on n'est pas en négociation traditionnelle, on est dans la contestation sociale d'un projet de loi.»

M. Ranger a également assuré à plus d'une reprise que la situation à Sainte-Thérèse n'était pas le résultat d'un mot d'ordre de la coalition.

«La Ville a paniqué, croit-il. Quand il y a simplement des rumeurs de moyens de pression, encore faut-il voir si elles vont se réaliser.»

Pas de craintes ailleurs

Pour l'heure, il semble que les autres fêtes nationales ne sont pas menacées.

«On n'a pas eu vent de quoi que ce soit de nos organisateurs par rapport à des problèmes», a précisé Francis Mailly, responsable des communications pour le Mouvement national des Québécois et Québécoises, qui chapeaute les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste.

«Chaque ville prend la décision qu'elle juge adéquate dans cette situation, ajoute François Sormany, directeur des communications à l'Union des municipalités du Québec. Mais nous n'avons eu aucun signe d'autres villes qui pensaient annuler leur fête nationale.»

Désolation et gaspillage

«On a reçu quelques appels de citoyens, c'est triste de voir qu'on doit annuler cette belle activité», affirme Luc Vézina.

Le maire suppléant (la mairesse de Sainte-Thérèse, Sylvie Surprenant, était en voyage d'affaires en Suisse) estime que l'annulation de la Fête nationale coûtera à son administration 75 000$ pour les cachets des artistes et la location des équipements. À cette somme pourraient s'ajouter 17 000$ pour les feux d'artifice, que la Ville espère se faire rembourser.

«Je trouve que c'est du gaspillage. Et la Ville qui nous parle de la capacité de payer», regrette Daniel Gauthier.




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