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Manoeuvre politique préélectorale de l'opposition

Claude Blanchet et Pauline Marois.... (Photo Bernard Brault, Archives La Presse)

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Claude Blanchet et Pauline Marois.

Photo Bernard Brault, Archives La Presse

(QUÉBEC) Analyse. Les deux partis d'opposition ont mis fin aux travaux de la session parlementaire d'une façon bien inusitée: en adoptant une motion demandant à Pauline Marois et à son conjoint Claude Blanchet de venir comparaître en commission parlementaire. Pourquoi? Pour expliquer le fameux «deal» auquel a fait allusion l'ancien patron de la FTQ, Michel Arsenault, dans l'écoute électronique produite à la commission Charbonneau.

Une fois la poussière retombée, tous les observateurs conviendront rapidement qu'un tel témoignage ne surviendra jamais. D'abord, le libellé de la motion conjointe des libéraux et des caquistes mène à un cul-de-sac. Mme Marois aurait deux semaines pour répondre à la demande de la commission, au retour de l'Assemblée nationale, à la mi-mars. Or, la motion prévoit que la commission doit faire son rapport le 18 mars - une impossibilité.

Mais au-delà des avocasseries parlementaires, des élections générales auront lieu d'ici là. Si Mme Marois l'emporte, on peut parier que l'Assemblée nationale sera amenée à retirer la motion adoptée par l'opposition majoritaire. Si ce sont les libéraux qui l'emportent, plus personne ne se préoccupera de Pauline Marois et de son conjoint.

Les «ordres de la Chambre» pour convoquer un premier ministre sont plutôt rares. Au printemps 2008, les péquistes avaient forcé Jean Charest, minoritaire, à venir expliquer la nomination et le limogeage subits de son supporteur Bruno Fortier comme délégué du Québec à New York.

La libérale Lise Thériault et le caquiste Stéphane Le Bouyonnec ont donné la semaine dernière une conférence de presse «oecuménique», une démarche plutôt rarissime. La Coalition avenir Québec (CAQ) voulait entendre Claude Blanchet. Philippe Couillard ne voulait pas d'une commission Charbonneau «parallèle». Il voulait entendre Mme Marois. La politique fait souvent d'improbables alliés... on demandera les deux! Bien conscients que cela n'arrivera jamais.

Un couple sous la loupe

Le fait que Mme Marois fasse de la politique et Claude Blanchet, des affaires n'a pas toujours soulevé des soupçons. C'est Bernard Landry, et non Pauline Marois, qui était ministre des Finances quand M. Blanchet a été nommé à la Société générale de financement (SGF). À l'époque, on soutenait qu'elle se retirait du Conseil des ministres quand les dossiers de son mari étaient discutés... Mais deux apparatchiks de la période Bouchard n'avaient pas de souvenirs particuliers à ce sujet, hier. En fait, on n'y voyait guère de problèmes.

Cela est devenu plus compliqué quand M. Landry est devenu premier ministre; Mme Marois a accédé aux Finances et à l'Économie, et est donc devenue responsable de la SGF. Des proches se rappellent qu'elle gardait ses distances. Par exemple, les parties d'un budget pouvant concerner la SGF se rédigeaient sous la responsabilité du premier ministre Landry, qui déléguait le travail à des collaborateurs - le secrétaire général Jean St-Gelais ou le conseiller économique Denis Hardy.

Manoir de L'Île-Bizard

Quand son mari a été congédié de la SGF par les libéraux, en 2003, Mme Marois a eu droit à des questions sur le montant de sa pension - plus de 80 000$ annuels à vie pour six ans de service public - , mais le débat avait été vite évacué. La collision avec The Gazette à l'automne 2007 était d'un autre ordre: William Marsden, enquêteur expérimenté du quotidien anglophone, avait rapporté qu'on avait soudoyé un résidant de L'Île-Bizard pour qu'il fasse, sous serment, une déclaration à la Commission de protection du territoire agricole - un passage obligé pour obtenir le changement de zonage nécessaire à la construction de la Closerie, leur manoir sur un domaine de 41 acres, vendu l'an dernier. La poursuite en diffamation de 2 millions déposée par le couple s'est réglée à l'amiable.

Les couples sont souvent suspects sous les feux de la rampe, surtout s'ils sont au sommet. La députée péquiste Elsie Lefebvre avait piqué au vif Jean Charest quand elle avait demandé si le gouvernement favorisait la Croix-Rouge dans un dossier - une organisation à laquelle sa femme Michèle consacrait du temps comme bénévole. Et Robert Bourassa a longtemps été attaqué pour son alliance avec la famille Simard, les armateurs richissimes, d'où était issue sa femme Andrée. En ce qui concerne les ministres, la suspicion se dilue, heureusement. Kathleen Weil, ministre libérale, ne s'est pas retrouvée sur la sellette même si son mari, Michel Novak, était vice-président chez SNC-Lavalin, société au coeur d'une tempête médiatique pendant deux ans.

Frapper sur le clou

Au-delà des achats et ventes des actions de Capital BLF, où le Fonds de solidarité a injecté 3 millions, il faut comprendre qu'en campagne électorale, libéraux comme caquistes comptent marteler ce clou à chaque occasion. Comme un caillou dans le soulier - rien de dramatique, mais un agacement récurrent pour la campagne péquiste. Un tracas que pensait bien avoir balayé Claude Blanchet dans un long communiqué publié en soirée, un vendredi. «Mon mari s'est expliqué là-dessus, je vous réfère à sa déclaration!» La réplique de Mme Marois sur ces questions devenait d'ores et déjà prévisible.




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