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Des campagnes électorales coûteuses

L'argent coule à flots lors des élections municipales de Sainte-Julienne. Depuis 15 ans, les nombreux candidats dépensent systématiquement le maximum permis par la loi, révèlent les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Depuis une semaine, Sainte-Julienne sert à illustrer le concept des élections clés en main devant la commission Charbonneau. Le témoin Gilles Cloutier affirme que, au temps où il travaillait pour la firme de génie Roche, il a organisé trois élections dans cette municipalité de 9300 habitants pour le compte de l'actuel maire, Marcel Jetté.

Les données du DGEQ obtenues par La Presse démontrent qu'Équipe Marcel Jetté a systématiquement dépensé tout près du maximum permis par la loi en 2003, en 2005 et en 2009. Le parti n'est toutefois pas le seul à avoir flirté avec ce plafond. En 2009, des trois autres partis en lice, deux l'ont pratiquement atteint. Il s'est ainsi dépensé plus de 90 000$ pour ce seul scrutin.

Évidemment, ces données ne tiennent pas compte de la double comptabilité que Gilles Cloutier avait mise sur pied, de son propre aveu, pour camoufler la partie des dépenses électorales qui dépassait le plafond imposé par la loi. Selon lui, cette comptabilité occulte fait gonfler la note de 40%.

Des explications exigées

Marcel Jetté doit s'expliquer ce soir au conseil municipal sur le travail de son ex-organisateur de campagne. Il devra aussi expliquer le séjour qu'ont fait tous les élus du conseil municipal, en juillet 2002, à un chalet dans Charlevoix aux frais de Roche. La Commission a d'ailleurs présenté une série de photos prises lors de ce voyage et une note laissée par les élus: «L'équipe de Marcel Jetté vous dit «un gros merci».»

Pour l'instant, le maire de Sainte-Julienne nie toute malversation. Il a brièvement déclaré à l'hebdomadaire local, L'Express Montcalm, que «c'est de la pure vengeance» de la part du témoin, qui n'aurait pas digéré avoir été «foutu à la porte» en 2003.

L'ex-maire de Sainte-Julienne, Pierre Mireault, n'est quant à lui pas surpris des révélations faites devant la commission Charbonneau. «J'étais au courant de tout ça. C'était connu dans la municipalité que Gilles Cloutier était son organisateur. Marc-Yvan Côté était même là à une élection», dit-il au sujet du vice-président de Roche, patron de Gilles Cloutier.

Pierre Mireault et Marcel Jetté se sont affrontés à quatre reprises depuis 1999 aux élections municipales. S'il a perdu les élections de 1999 et de 2003, Mireault a causé la surprise en 2005 en l'emportant de peu. Marcel Jetté a toutefois réussi à reprendre l'hôtel de ville en 2009.

Nouvel affrontement

Les élections de novembre prochain pourraient d'ailleurs marquer une nouvelle partie de bras de fer entre les deux hommes. «S'il n'a pas d'opposition, c'est sûr que je vais me présenter. Mais si je juge qu'il a une opposition sérieuse, je vais l'appuyer», dit Mireault.

Il affirme que lui-même n'a jamais bénéficié du soutien d'une entreprise pour financer ses campagnes. «Non, ça m'a coûté assez cher», dit l'homme, issu du milieu de la construction. Il précise que ce sont uniquement des proches qui ont contribué à son parti, fondé en 1999.

Pierre Mireault comprend l'intérêt des entrepreneurs pour sa municipalité. La population de Sainte-Julienne connaît un véritable boom: de 7182 habitants en 2001, elle en comptait 9331 en 2011, une hausse de 30%.

Gilles Cloutier n'est pas le seul à avoir montré du doigt Marcel Jetté devant la commission Charbonneau. L'ingénieur Michel Lalonde, qui a admis avoir orchestré le partage des contrats à Montréal, a dit qu'il avait contribué deux fois au parti du maire de Sainte-Julienne.

«J'avais fourni 3000$ en argent comptant à Gilles Cloutier pour l'équipe de M. Marcel Jetté», a-t-il reconnu en parlant de l'élection de 2005.

Gilles Cloutier a d'ailleurs confirmé qu'il avait reçu de l'argent de Michel Lalonde. «On s'entendait sur un montant d'argent puis sur un pourcentage» des contrats.

Michel Lalonde a également dit qu'il avait contribué à l'élection de 2009. Cette fois, ce serait le maire en personne qui l'aurait sollicité. «Il m'avait demandé 5000$ pour l'élection. Et je lui avais remis dans une autre occasion en argent comptant.»

Interrogé par le journal local, Marcel Jetté avait nié en bloc le témoignage de Michel Lalonde en janvier: «C'est non dans les deux cas.»

Élections de 2009

> Équipe Marcel Jetté 26 047$

> Équipe Mireault 27 188$

> Équipe Claude Roy 26 918$

> Parti des citoyens 10 609$

> Plafond de dépenses 27 352$

Élections de 2005

> Équipe Marcel Jetté 22 983$

> Équipe Mireault 23 378$

> Plafond de dépenses 23 852$

Élections de 2003

> Équipe Marcel Jetté 23 144$

> Équipe Mireault 19 464$

> Plafond de dépenses 23 650$

Source: Directeur général des élections du Québec




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