Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a toujours le soutien du gouvernement malgré les perquisitions de l'UPAC dans ses bureaux et à ceux d'Union Montréal, affirme le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée.

Mis à jour le 20 févr. 2013
Tommy Chouinard LA PRESSE

Ses collègues Sylvain Gaudreault (Affaires municipales) et Stéphane Bergeron (Sécurité publique) ont toutefois été plus évasifs.

À l'entrée de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, Jean-François Lisée a assuré que la confiance du gouvernement envers l'administration de la Ville n'est pas ébranlée. Il a fait valoir que M. Applebaum n'est accusé de rien. «Nous sommes responsables, nous devons reconnaître cette présomption d'innocence, la qualité de M. Applebaum, sa collaboration à l'égard des enquêtes policières. Tant que cette situation ne change pas, notre soutien reste entier», a affirmé le ministre.

Selon lui, «la situation de M. Applebaum n'est absolument pas la même» que celle de Gérald Tremblay. L'automne dernier, Québec avait exhorté M. Tremblay à se demander s'il était toujours apte à administrer la ville à la suite des révélations faites devant la commission Charbonneau. «M. Tremblay à l'époque n'avait plus le capital de crédibilité nécessaire pour diriger la ville de Montréal. Il avait la présomption d'innocence, il n'était accusé de rien, mais de toute évidence il ne pouvait plus diriger la ville. C'était à lui de prendre la décision, il l'a prise. Nous l'avons un peu incité à le faire, et nous sommes contents de l'avoir fait», a-t-il plaidé. M. Applebaum est, «bien sûr», toujours un interlocuteur crédible, contrairement à M. Tremblay à l'époque. «Pour l'instant, ça va. Attendons la suite, laissons la justice suivre son cours, respectons la présomption d'innocence», a-t-il ajouté.

Questionné pour savoir s'il a pleine confiance en M. Applebaum, Stéphane Bergeron a répondu: «Ce n'est pas ce que je vous dis. Il faut laisser travailler les policiers. Manifestement, il y a des trucs qui doivent faire l'objet de vérifications. Je ne suis pas dans l'opérationnel, je ne suis pas impliqué dans ce qui se passe actuellement, je laisse les policiers faire leur travail».

De son côté, Sylvain Gaudreault a reçu un coup de fil de M. Applebaum mercredi avant-midi. «Il m'a simplement dit ce qu'il a dit dans les entrevues hier», a-t-il souligné.

M. Gaudreault a pour sa part répondu bien évasivement aux questions de La Presse. A-t-il encore confiance en M. Applebaum? «C'est à lui de répondre aux questions qui sont posées. Je pense qu'il a fait un point de presse où il a donné sa version des faits. Mais je veux être très très clair: mon objectif n'est pas d'entrer ou de faire des commentaires qui pourraient interférer dans les travaux des policiers.» M. Applebaum est-il toujours un interlocuteur crédible? Encore là, M. Gaudreault est resté prudent. «Il a été élu maire intérimaire pour assurer la transition jusqu'aux élections. C'est lui qui assume le travail jusqu'à maintenant. Laissons les policiers faire leur travail.»

Il n'envisage pas de tutelle pour l'instant. «À vous entendre, c'est un policier, une tutelle. Ce n'est pas de même qu'on marche. Donnons-nous un peu de temps à ce moment-ci, c'est arrivé hier soir.»

Il a qualifié «d'images-chocs» l'évacuation de l'hôtel de ville de Montréal aux fins des perquisitions de l'UPAC.

En point de presse à midi, à l'hôtel de ville de Montréal, le maire Applebaum a reconnu que cet épisode est «une tache sur Montréal». «Mais c'est un travail qui devait être fait.» Il a précisé que les policiers n'avaient pas fouillé son ordinateur et ne s'étaient emparés d'aucun document dans son bureau.

«Ces perquisitions ne m'empêcheront pas de faire mon travail. Par contre, j'ai une femme, des enfants. Quand des journalistes viennent chez moi, j'ai plus de difficultés. Mais dans mon travail, je suis toujours déterminé et le serai jusqu'à la dernière minute, au dernier jour de mon mandat.»

Par ailleurs, une source proche de Gérald Tremblay a rapporté à La Presse que l'ex-maire était «outré» que des médias aient affirmé qu'il avait été interrogé par les policiers mardi soir. «C'est complètement faux», a déclaré cette source fiable.