Le temps où les jeunes conducteurs peuvent rouler à tombeau ouvert presque sans conséquence achève. La Table de concertation sur la sécurité routière demande au gouvernement du Québec d'amender le Code de la sécurité routière, qui prévoit qu'un mineur ne peut recevoir une amende de plus de 100$, quelle que soit l'infraction commise.

Mis à jour le 20 févr. 2013
DENIS LESSARD LA PRESSE

Les propositions du comité, obtenues par La Presse, doivent être discutées la semaine prochaine avant d'être officiellement transmises au gouvernement. Au cours des dernières années, la plupart des modifications importantes au Code de la sécurité routière ont été, à l'origine, initiées par ce groupe dirigé par Jean-Marie De Koninck, professeur de mathématiques à l'Université Laval.

«Tout cela est préliminaire, on aura deux autres réunions avant celle d'octobre prochain, où on fera nos recommandations formelles», précise-t-il.

La Table est à l'origine de l'application de la tolérance zéro pour les conducteurs de moins de 21 ans. Des amendes de 300 à 600$ sont déjà prévues pour les délinquants, en plus de la suspension du permis pour un an. Ce même groupe avait proposé d'autres idées, appliquées par la suite: interdiction du téléphone cellulaire au volant, abaissement du taux d'alcoolémie permis de 0,08 à 0,05.

Joint hier, M. De Koninck était surpris que les discussions de son groupe circulent déjà.

Actuellement, selon le Code pénal, les jeunes de moins de 18 ans sont passibles d'amendes maximales de 100$, a-t-il expliqué. «On a demandé au ministre de la Justice de reconsidérer cette exemption», résume-t-il. Selon lui, les mineurs sont parfaitement conscients du peu de sévérité des sanctions. «Ils savent, par exemple, que s'ils se font prendre pour grand excès de vitesse, l'amende est limitée à 100$, alors que pour les autres conducteurs, cela peut facilement atteindre 1500$, voire 2000$», ajoute-t-il.

Or, 45% des amendes pour excès de vitesse et conduite dangereuse sont imposées à conducteurs qui ont de 16 à 24 ans, même si ce groupe ne représente que 10% des permis.

Contre la drogue au volant

Après avoir fait changer le Code de la sécurité routière sur la consommation d'alcool, la Table se tourne vers l'effet des drogues sur la conduite.

Le Québec, comme d'autres provinces, prône le «dépistage systématique aléatoire». Cette mesure est interdite partout au Canada, parce que la loi prévoit qu'un policier doit avoir un doute quant à un comportement répréhensible avant d'intercepter un citoyen.

Le «dépistage aléatoire, c'est de compétence fédérale. Il faudrait que la loi change. En Australie et en Angleterre, il y a dépistage, la police a le droit de faire "souffler" tout le monde.»

La Table prévoit aussi des dispositions pour réduire la vitesse dans les municipalités - on passerait de 50 à 40 km/h où cette norme est «crédible». «Cette préoccupation est centrale pour la population. Dans les quartiers résidentiels, surtout, les gens sont très inquiets. Ce n'est pas initié par le gouvernement», indique M. De Koninck.