Québec solidaire verse encore une fois dans la provocation anti-israélienne en déléguant une militante sur la «Flottille de la liberté», estime le chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell.

Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

En cautionnant cette opération controversée dite «humanitaire», le cochef de Québec solidaire, Amir Khadir, «déshonore» sa fonction de parlementaire, a soutenu M. Deltell lundi en entrevue à La Presse Canadienne.

«C'est déshonorant pour un membre de l'Assemblée nationale de soutenir une telle initiative qui est condamnée par l'Organisation des Nations unies», a-t-il fait valoir.

Après le boycott tapageur d'un marchand montréalais de chaussures fabriquées en Israël, Amir Khadir transporte au large des côtes de Gaza «sa fixation» contre l'État hébreu, a dénoncé le leader adéquiste.

M. Deltell dit ne pas comprendre pourquoi le député de Mercier prend à ce point pour cible Israël et ses alliés, une tendance qui l'amène, selon lui, à commettre des erreurs de jugement.

«Je croyais que Québec solidaire avait appris de ses erreurs. Après le lancer du soulier - contre George W. Bush - et le boycott d'un commerce de Montréal, voilà qu'il verse encore dans les affaires internationales de façon maladroite. Ce n'est pas correct de la part du député d'un parti représenté à l'Assemblée nationale», a-t-il analysé.

La militante féministe Manon Massé représente Québec solidaire à bord du «Tahrir», un navire canadien membre de la flotte d'une dizaine de bateaux qui s'apprête à naviguer vers Gaza en provenance de la Grèce.

La flottille vise à distribuer de l'aide humanitaire aux Palestiniens en «brisant» le blocus maritime imposé à la bande de Gaza par Israël.

Les Nations unies s'opposent à cette opération risquée alors que de nombreux pays, dont les États-Unis, le Canada et la France déconseillent à leurs ressortissants d'y prendre part.

De fait, la mission est certainement dangereuse.

En mai 2010, l'opération d'un commando israélien contre une flottille humanitaire à destination de Gaza avait causé la mort de neuf personnes.

Pour le chef de l'ADQ, Québec solidaire cherche bien plus à «provoquer» Israël - le seul gouvernement démocratique de la région - qu'à apporter de l'aide aux nécessiteux.

Mais les solidaires «aiment jouer les victimes» et comptent sur le gouvernement du Canada pour intervenir en leur faveur si les affaires se corsent, avance-t-il.

«Ce sont des victimes professionnelles. On provoque une situation qui n'est pas souhaitée par personne, même pas par l'ONU, puis après ils vont pleurnicher parce qu'il faudra venir les chercher», a-t-il prédit.

Amir Khadir ferait oeuvre plus utile s'il s'occupait des problèmes de circulation qui affligent ses commettants montréalais, pense M. Deltell.

En réplique, le responsable de la mobilisation chez Québec solidaire, Benoît Renaud, a invité Gérard Deltell à aller constater sur place dans la bande de Gaza l'état des lieux.

«M. Deltell devrait aller voir ce qui se passe à Gaza plutôt que de lancer des accusations gratuites. Il verrait que la situation humanitaire là-bas est critique», a-t-il affirmé.

Quant à l'ONU, son opposition vient du fait que la flottille est une initiative citoyenne plutôt qu'issue des canaux diplomatiques, a soulevé M. Renaud.