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Construction: un dirigeant du PLQ veut plus de lumière

Le gouvernement Charest ne prendra pas de décision quant à une vaste enquête... (Photothèque Le Soleil)

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(Québec) Le gouvernement Charest ne prendra pas de décision quant à une vaste enquête publique sur l'industrie de la construction, tant que la Sûreté du Québec n'aura pas terminé son enquête sur les liens entre ce secteur et le crime organisé.

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Gilbert Grimard

Archives, Le Quotidien

Interpellé à l'Assemblée nationale hier par la députée adéquiste Sylvie Roy, le premier ministre Charest a prévenu qu'«on va laisser aux policiers le soin de faire leur travail, puis après ça, on verra ce qu'eux rapporteront, ce qu'ils diront».

 

Sa sortie survient au moment où Gilbert Grimard, président de l'Association de la construction et vice-président du Parti libéral du Québec, réclame qu'on fasse toute la lumière sur les liens entre ce secteur de l'industrie et le crime organisé.

«On est bien heureux de voir ce qui se passe (dans les médias). Que cela sorte publiquement. Au niveau de l'ampleur, on peut difficilement dire où cela commence et où cela finit», explique-t-il dans une entrevue à La Presse.

«C'est triste que cela fasse passer toute l'industrie de la construction comme des voleurs... Je pense que c'est une affaire de pègre, de mafia et de motards, on les retrouve autant dans la restauration, les bars. Ce qu'ils tentent de faire, c'est trouver des entreprises qui blanchissent de l'argent. Dans la construction, il peut y avoir des compagnies qui ont besoin d'argent pour faire une transition, il s'en trouverait peut être aussi en restauration ou ailleurs», a précisé cet important entrepreneur du Saguenay, porte-parole, comme président de l'ACQ, de quelque 15 000 entrepreneurs employant 93 000 ouvriers. Et M. Grimard de dire qu'aux yeux de la Commission de la construction, le problème est concentré dans l'industrie de la maçonnerie.

Le ministre du Travail, David Whissell, a demandé par lettre au président de la CCQ, André Ménard, un «plan des actions concrètes» que l'organisme entendait faire en cette période de turbulence et de maraudage.

Hier, Revenu Canada a fait des perquisitions chez Simard-Beaudry, entreprise de construction appartenant à Tony Accurso, où le Fonds de solidarité a longtemps été partenaire. L'opération n'était pas liée aux perquisitions dans le secteur de la construction la semaine dernière, a-t-on appris.

Enquête ou commission

Selon la chef de l'ADQ, Sylvie Roy, le gouvernement, qui s'apprête à injecter 43 milliards dans des projets d'infrastructures, a le devoir de clarifier ce qui se passe dans le secteur de la construction, de nettoyer «le climat d'intimidation, les liens présumés avec le monde interlope et la loi d'omerta qui préside toujours dans les chantiers de construction».

«Il y a des rumeurs de collusion entre certains employeurs et dirigeants syndicaux pour blanchir de l'argent», a-t-elle lancé, en faisant allusion aux articles de La Presse qui, au début de mars, révélaient qu'une enquête de la SQ était en cours sur les liens entre l'industrie de la construction et des motards criminels. Elle a rappelé qu'en commission parlementaire, un seul témoin avait soutenu qu'il n'y avait pas d'intimidation dans la construction, c'était Jocelyn Dupuis, le directeur général de la FTQ-Construction, que la police relie désormais à Normand Ouimet, chef du chapitre des Hells de Trois-Rivières.

Mme Roy considère qu'il est inexplicable que les grands chantiers industriels au Québec «dépassent systématiquement les coûts de 26%». À la mi-mars, l'ancien juge Robert Lesage, responsable de l'enquête sur la Gaspésia, avait, dans une entrevue à La Presse, demandé au gouvernement qu'il applique la première recommandation de son rapport, une commission parlementaire sur la gouvernance du Fonds de solidarité, trop dépendante selon lui de la FTQ. Relancé la semaine dernière, il avouait ne pas être très chaud à l'idée d'une «commission d'enquête publique» en bonne et due forme. «Normalement une commission d'enquête, c'est avant que la police entre en scène. Dans ce cas, la police est déjà là», avait soutenu le juge à la retraite.

Relations étranges

La SQ a fait la semaine dernière des perquisitions chez Grues Guay et chez Louis-Pierre Lafortune, un vice-président de cette entreprise. M. Lafortune était auparavant chez Fortier Transferts, concurrent de Guay, où le Fonds de solidarité avait une participation de 1,3 million.

Un autre homme d'affaires était proche de cette transaction: Denis Vincent, pilote d'avion et d'hélicoptère de la Mauricie. Selon les informations réunies par La Presse, M. Vincent était il y a quelques années un habitué des voyages de pêche des dirigeants de la FTQ dans le Nord québécois, des excursions à la Pourvoirie Rapid Lake, où se trouvaient régulièrement Henri Massé et Jean «Johnny» Lavallée, président de la FTQ-Construction à l'époque. Le pilote Vincent, en plus de transporter les autres pêcheurs, fournissait tout le groupe en caisses de Château Latour, du vin qui valait plus de 200$ la bouteille il y a six ou sept ans. «Visiblement tout le monde là-dedans se connaissait très bien», a confié un partenaire d'une de ces parties de pêche, en 2003 ou en 2004.

Peu après, en 2005, M. Massé se retrouvait dans l'embarras. L'hydravion où se trouvait son fils avait eu un accident sérieux. Il était devenu public que la pourvoirie où les dirigeants syndicaux s'étaient retrouvés coûtait jusqu'à 8000$ par semaine, et que le transport avait été offert gratuitement par le propriétaire des Grues Guay à l'époque.

M. Vincent était aussi celui qui pilotait l'hélicoptère quand il s'était écrasé avec le flamboyant homme d'affaires Sylvain Vaugeois, mort depuis, à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières. Les deux hommes avaient survécu, mais personne n'avait appelé la sécurité. Puis Transports Canada l'avait épinglé en 2002 pour avoir décollé en hélico du stationnement du bar dont il sortait, Le Sportif, près de Trois-Rivières.

Et surtout, des sources policières ont révélé que c'est encore M. Vincent qui avait transporté les Hells Angel de Trois-Rivières vers le local de Grand-Mère. C'était la veille de la frappe de la SQ au local de Trois-Rivières-Ouest, dans l'opération Amalgame, à la fin de juin 2000. Ce déplacement n'avait rien à voir avec la frappe du lendemain, avait indiqué la police - les motards se regroupaient alors à Grand-Mère pour la Saint-Jean.

 




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