Les positions de la Chine n'ont pas bougé d'un iota au lendemain du dépôt, par les autorités américaines, de 23 accusations de nature criminelle contre le géant Huawei et sa directrice financière, Meng Wanzhou. Pékin presse Ottawa de libérer immédiatement Mme Meng et « d'arrêter mettre en péril ses propres intérêts au bénéfice des États-Unis ».

Mis à jour le 29 janv. 2019
Fanny Lévesque LA PRESSE

La longue liste d'accusations n'a pas convaincu la Chine de la légitimité de l'arrestation controversée de Meng Wenzhou en sol canadien, en décembre dernier. « Les États-Unis et le Canada ont abusé de leur traité bilatéral d'extradition », a affirmé tôt ce matin le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Selon Pékin, les autorités canadiennes et américaines ont bafoué les droits et intérêts des citoyens chinois en arrêtant « sans raison valable » Mme Meng. En ce sens, le gouvernement chinois se dit « extrêmement préoccupé » par les accusations déposées par le département de la Justice américaine et leur demande d'extradition soumise à Ottawa.

« Nous exhortons les États-Unis de cesser de s'en prendre de façon abusive aux entreprises chinoises, dont Huawei, et de les traiter de manière objective et équitable », a lancé le porte-parole. La Chine a prévenu au passage le Canada de « considérer sérieusement » ses positions et de libérer Meng Wanzhou en refusant la requête d'extradition.

Timide réaction

« Nous sommes un état de droit. Nous obéissons à notre système de justice », a déclaré de nouveau le premier ministre Justin Trudeau à son arrivée à la réunion de son cabinet ce matin. « On a un système de justice indépendant et rigoureux et on va s'assurer que ce soit suivi y compris de respecter nos engagements internationaux », a-t-il poursuivi sans autres précisions.

Interrogé par la presse parlementaire, le ministre des Transports, Marc Garneau, a, pour sa part, affirmé que le dépôt d'accusations contre Huawei « ne complique en rien » la relation diplomatique déjà tendue entre le Canada et la Chine. « On s'attendait à recevoir cette information des États-Unis », a-t-il précisé.

Le ministre Garneau a par ailleurs soutenu que ces faits nouveaux « ne changent rien » non plus aux discussions entourant la nouvelle technologie 5G que propose d'implanter Huawei au Canada. Ottawa examine toujours les enjeux de sécurité nationale liés à cette avancée technologique. Il s'agit de deux dossiers « indépendants », a indiqué M. Garneau.

Le ministère de la Justice a confirmé que très tard en soirée hier avoir obtenu la demande d'extradition des Américains visant Meng Wanzhou.