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Trudeau dénonce la condamnation à mort d'un Canadien en Chine

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JIM BRONSKILL
La Presse Canadienne
Toronto

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'est inquiété lundi de la décision de la Chine de condamner «arbitrairement» un Canadien à mort.

«C'est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout sur un Canadien, a dit M. Trudeau. C'est quelque chose qui nous préoccupe énormément et que nous allons continuer de souligner avec nos alliés et évidemment avec la Chine.»

Un tribunal chinois a imposé cette peine à Robert Lloyd Schellenberg dans une affaire de trafic de drogue.

Il s'agit des commentaires les plus musclés à ce jour de M. Trudeau à l'endroit de la Chine. Le premier ministre a aussi dénoncé la décision de Pékin de faire fi des conventions de longue date concernant l'immunité diplomatique.

La peine a été annoncée par un tribunal de la ville de Dalian, dans la province du Liaoning, dans le nord-est du pays.

Le Canada a mis à jour son avis aux voyageurs canadiens pour la Chine. L'avis leur demande de «faire preuve d'une grande prudence en raison du risque d'application arbitraire des lois locales», en évoquant la peine de mort et les «peines pour infractions liées aux drogues».

Schellenberg avait été arrêté en 2014, puis condamné à 15 ans de prison en 2016 pour trafic de drogue. Un tribunal d'appel s'est toutefois soudainement rallié le mois dernier aux procureurs qui estimaient que la peine était trop clémente.

Le procès de lundi a été organisé à seulement quatre jours d'avis.

La tante de Robert Lloyd Schellenberg, Lauri Nelson-Jones, a affirmé que la famille attendait des nouvelles concernant un appel.

«Tout ce que je peux vraiment dire pour le moment, c'est que notre pire cas de figure a été confirmé. Nos pensées vont à Robert», a-t-elle déclaré dans un courriel à La Presse canadienne. «Ce qu'il doit ressentir et penser est plutôt inimaginable. C'est une situation horrible, malheureuse et déchirante.»

La famille a également publié une brève déclaration tard lundi indiquant qu'elle collaborait avec son député, Ed Fast, disant qu'il «travaillait fort en son nom afin que le gouvernement Trudeau fasse tout ce qui est en son pouvoir pour assurer un traitement juste pour Robert».

Le tribunal du Liaoning a rejeté le plaidoyer d'innocence de Schellenberg. Il n'a donné aucun signe que la peine puisse être commuée et le sort de Schellenberg pourrait se retrouver lié à la querelle diplomatique qui oppose le Canada et la Chine depuis l'arrestation, en décembre, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei en vertu d'un mandat américain.

La presse chinoise a commencé à évoquer le dossier de Schellenberg peu de temps après l'arrestation de Meng Wanzhou.

Le tribunal chinois a reconnu Schellenberg coupable d'avoir participé au trafic de 222 kilos de métamphétamines d'un entrepôt de Dalian vers l'Australie.

Par ailleurs, une porte-parole chinoise a estimé lundi que l'ancien diplomate canadien arrêté en Chine le mois dernier ne jouit pas de l'immunité diplomatique, rejetant du fait même les allégations du premier ministre Trudeau qui prétend que les droits de Michael Kovrig sont bafoués.

M. Trudeau a accusé la semaine dernière la Chine de ne pas respecter l'immunité diplomatique de M. Kovrig.

M. Kovrig et un autre Canadien, l'homme d'affaires Michael Spavor, ont été arrêtés pour avoir supposément porté atteinte à la sécurité nationale de la Chine, eux aussi en marge de l'arrestation de Mme Meng.

Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a dit aux journalistes lundi que M. Kovrig n'est plus un diplomate et qu'il était arrivé en Chine en utilisant un passeport ordinaire et un visa de travail.

Mme Hua a ajouté qu'il ne jouit donc pas de l'immunité diplomatique en vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Un ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, croit que les Chinois ont probablement questionné M. Kovrig concernant la période où il était diplomate en Chine, ce qui contreviendrait à la Convention de Vienne.

Il a aussi décrit la notion d'immunité diplomatique résiduelle, qui interdit à un pays d'interroger un ancien diplomate au sujet de ses activités.

Selon M. Saint-Jacques, il est «difficile» de ne pas faire de lien entre cette affaire et celle de Mme Meng.

M. Kovrig, un analyste du groupe de recherche International Crisis Group, est en congé du gouvernement du Canada.

Mme Hua a dit que les allégations selon lesquelles la Chine a arrêté arbitrairement les citoyens canadiens sont «sans fondements».




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