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Une pétition lancée pour obtenir la démission de Tony Clement

Le député Tony Clement a avoué jeudi dans... (Photo Andrew Vaughan, La Presse canadienne)

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Le député Tony Clement a avoué jeudi dans une lettre à ses électeurs publiée sur son site web qu'il a dû s'adresser à la police non pas à une, mais à deux reprises pour des tentatives d'extorsion liées à des «échanges inappropriés» en ligne qui l'ont mené à être «infidèle».

Photo Andrew Vaughan, La Presse canadienne

(Ottawa) L'étau se resserre encore plus autour du député fédéral Tony Clement: un groupe de femmes de sa circonscription exige qu'il démissionne de ses fonctions de député de Parry-Sound Muskoka dans la foulée de ses aveux selon lesquels il a été victime à deux reprises de tentatives d'extorsion résultant des «échanges inappropriés» qu'il a eus en ligne au cours des derniers mois.

Le groupe Women's March Muskoka vient de lancer une pétition en ligne afin de faire pression sur l'ancien ministre conservateur pour qu'il tire sa révérence le plus rapidement possible.

Jusqu'ici, la pétition a recueilli une centaine de signatures.

Une porte-parole du groupe, Michelle Emson, a indiqué que Tony Clement n'a plus la crédibilité pour représenter adéquatement les électeurs de la circonscription maintenant qu'il a été dépouillé de ses fonctions de critique en matière de justice pour le Parti conservateur, qu'il ne siège plus à aucun comité parlementaire et qu'il ne fait plus partie du caucus du Parti conservateur.

«Si Tony Clement n'est plus apte à siéger à des comités parlementaires importants ou qu'il ne peut plus siéger au sein du caucus conservateur, alors il est clairement inapte à servir comme député de la circonscription de Parry-Sound Muskoka», tranche Mme Emson en expliquant cette décision de lancer la pétition.

Jeudi, Tony Clement a avoué dans une lettre à ses électeurs publiée sur son site web qu'il a dû s'adresser à la police non pas à une, mais à deux reprises pour des tentatives d'extorsion liées à des «échanges inappropriés» en ligne qui l'ont mené à être «infidèle».

En effet, M.  Clement a indiqué s'être adressé à la Police provinciale de l'Ontario l'été dernier. Une femme avec qui il avait eu des échanges en ligne s'était fait offrir de l'argent par un compte anonyme sur les réseaux sociaux contre de l'information intime et personnelle à son sujet.

Or, le député avait avoué mardi soir avoir été l'objet d'une seule tentative d'extorsion survenue au cours des trois dernières semaines. Il avait admis avoir fait parvenir des images et une vidéo explicites à une «destinataire féminine consentante», mais qu'elles s'étaient plutôt retrouvées entre les mains d'un «individu ou un groupe» qui l'avait «ciblé». Dans sa lettre de jeudi, M. Clement écrit qu'il s'agit «d'acteurs étrangers» et qu'il n'a pas hésité à contacter la GRC pour les dénoncer.

«Bien que ces échanges étaient complètement consensuels et mutuels, ils étaient absolument inacceptables et n'auraient jamais dû se produire», a-t-il reconnu. Dans cette missive à ces électeurs, M. Clement a affirmé avoir l'intention de continuer de représenter les électeurs de Parry Sound-Muskoka.

Le député, autrefois un pilier du Parti conservateur du Canada, avait démissionné mardi de ses fonctions au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, un comité ultra secret qui supervise les activités des agences de renseignement canadiennes. Cette fonction exige une cote de sécurité similaire à celle des agents de renseignement. Le chef conservateur Andrew Scheer a affirmé mardi qu'il ignorait qu'une première tentative d'extorsion liée à Tony Clement avait eu lieu il y a quelques mois.

Depuis qu'il a avoué avoir envoyé des photos sexuelles explicites de lui-même et une vidéo, plusieurs femmes ont publié des allégations sur Twitter au cours des derniers jours lui reprochant d'avoir eu un comportement discutable envers elles sur les réseaux sociaux. Il leur aurait, par exemple, écrit des messages directs tard dans la nuit.

La lettre du député contient peu d'information à ce sujet sinon des excuses. «J'offre mes excuses aux femmes avec qui j'ai eu ces échanges et aussi à qui que ce soit d'autre qui a pu avoir l'impression, de quelque façon que ce soit, que j'ai franchi des limites en ligne qui ont pu les mettre mal à l'aise sans que je le sache», a-t-il écrit. Le député reconnaît qu'il a manqué de jugement durant une période difficile et qu'il a «franchi des limites qui n'auraient jamais dû l'être».

- Avec La Presse canadienne




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