Le premier ministre Justin Trudeau a fait un vibrant plaidoyer en faveur de la ratification de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, affirmant que cette entente «progressiste» constitue un puissant symbole pour les pays qui sont tentés par le protectionnisme.

Mis à jour le 13 oct. 2016
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Profitant de la visite officielle de son homologue français Manuel Valls, M. Trudeau a soutenu que l'Union européenne doit maintenant faire ses devoirs pour assurer l'adoption de ce traité de libre-échange, qui est contesté par certains groupes et par les Wallons de la Belgique.

À voix haute, M. Trudeau a affirmé que plusieurs s'interrogeront sur l'utilité de l'Union européenne si l'on est incapable de ratifier cet accord à Bruxelles et dans les capitales européennes.

L'avenir de cet accord était l'un des principaux sujets à l'ordre du jour de la visite officielle de M. Valls. La France appuie sans équivoque l'entente.

«C'est un accord avec un pays progressiste, qui a un gouvernement progressiste. L'accord lui-même non seulement est gagnant-gagnant, bon pour la France et l'Europe, bon pour le Canada et les Canadiens.  Cet accord devient un symbole important qui démontre, malgré ce que disent les forces antimondialistes ou anti commerce international, que l'on peut conclure des accords qui sont dans l'intérêt pas juste du pays, ou des multinationales, mais des petits producteurs, des citoyens et des travailleurs», a lancé M. Trudeau en conférence de presse.

Le premier ministre a souligné que cet accord constitue aussi un test important pour l'avenir de l'Union européenne dans la foulée du vote en Grande-Bretagne en faveur du Brexit en juin.

«C'est le moment pour l'Europe de décider à quoi cela sert l'Union européenne. Nous avons fait énormément d'améliorations. Nous avons répondu aux préoccupations. Nous travaillons avec de grands amis comme la France et l'Allemagne et d'autres qui veulent cet accord. Si on trouve dans une semaine ou deux, que l'Europe est incapable de signer une entente progressiste commerciale avec un pays comme le Canada, bien avec qui l'Europe pense-t-elle faire affaire dans les années à venir? (...) Si l'Europe n'arrive pas à signer cet accord, ça va être un message très clair pas juste aux Européens, mais au monde entier que l'Europe est en train de choisir une voie qui n'est pas très productive ni pour ses citoyens ni pour le monde. Et ce serait vraiment désolant», a soutenu M. Trudeau.

Pour sa part, le premier ministre français Manuel Valls a soutenu que le Canada et la France étaient «déterminés à renforcer» la lutte contre le terrorisme.

«Nous sommes ensemble absolument déterminés à renforcer notre coopération antiterroriste», a déclaré Manuel Valls.

Les deux pays veulent «accroître les échanges» entre leurs services de police et de renseignement pour combattre la radicalisation qui «en France concernent malheureusement plusieurs milliers de jeunes».

Le premier ministre Trudeau doit se rendre à Bruxelles, fin octobre.

Avant son arrivée sur la colline, M. Valls a reçu quelques journalistes à l'ambassade française, pour le petit-déjeuner. Là, il a réitéré sa condamnation de Donald Trump.

Il a dit avoir évoqué l'élection américaine avec M. Trudeau au dîner de mercredi soir. Mais si M. Trudeau s'est toujours montré prudent quant au choix électoral des Américains, M. Valls n'a pas cette retenue. Il n'a jamais caché sa préférence pour Hillary Clinton, préférence qu'il a répétée lors de son entretien avec les journalistes à l'ambassade.

«Comme dirigeant politique français, je souhaite évidemment que Hillary Clinton soit élue», a-t-il dit, ajoutant que «Trump est rejeté par le monde».

M. Valls est attendu à Montréal, en après-midi. Il sera alors reçu, avec M. Trudeau, par Philippe Couillard. Les trois premiers ministres ont aussi au menu une discussion sur l'accord de libre-échange.

- Avec La Presse canadienne

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Justin Trudeau à son arrivée à Montréal.