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Ottawa «punirait» les femmes autochtones pour leur militantisme

La présidente de l'Association des femmes autochtones du... (PHOTO SEAN KILPATRICK, PC)

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La présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada cherchera bientôt à influencer plus directement les élus. Elle veut se porter candidate pour le Parti libéral du Canada aux prochaines élections fédérales, élections qui devraient se tenir en octobre 2015.

PHOTO SEAN KILPATRICK, PC

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA

La présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada soupçonne le gouvernement fédéral de vouloir couper une partie des vivres de son organisme pour punir son militantisme.

Michèle Audette dit attendre depuis presque un an du financement pour un projet de prévention et de promotion pour les femmes autochtones disparues et assassinées.

Une première version de ce projet a dû être abandonnée lorsque le ministère de la Condition féminine a exigé que cesse le travail de recherche. Le projet visait à mettre sur pied une banque de données des femmes disparues et assassinées.

L'association a alors proposé au ministère une nouvelle version du projet, axée sur la prévention. Elle demandait un budget annuel de 500 000 $. Elle attend la réponse du ministère depuis presque 11 mois.

Mme Audette croit que le gouvernement Harper la fait attendre parce que son association réclame, sur toutes les tribunes, une enquête publique sur les femmes disparues. Le gouvernement conservateur refuse de tenir une pareille enquête.

«Il y a un sentiment de [...]: «vous dérangez [...] donc on va serrer l'entonnoir. On ne dit pas aux gens qu'on vous a coupés parce qu'on ne vous a jamais coupés, mais on vous tient à la gorge», a illustré Mme Audette au cours d'un point de presse à Ottawa, lundi.

Elle s'est présentée à ce point de presse en compagnie des dirigeants d'Amnistie internationale pour souligner les dix ans d'un rapport, publié par le groupe, sur la violence contre les femmes autochtones.

«Dix ans plus tard, on est encore devant vous et peu a changé», s'est désolée Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section francophone d'Amnistie internationale.

Mmes Vaugrante et Audette ont réitéré leur appel pour une enquête publique.

«Il reste une personne à convaincre: M. Stephen Harper», a dit Mme Audette, rappelant que leaders autochtones et premiers ministres des provinces réclament eux aussi cette enquête.

Entre 1980 et 2012, 1017 femmes autochtones ont été assassinées et plus de 100 ont été portées disparues.

Mme Audette cherchera bientôt à influencer plus directement les élus. Elle veut se porter candidate pour le Parti libéral du Canada aux prochaines élections fédérales, élections qui devraient se tenir en octobre 2015.

Elle démissionnera donc de son poste à l'Association des femmes autochtones en décembre. D'ici là, elle espère encore rencontrer la ministre responsable de la Condition féminine, Kellie Leitch, au sujet de son projet de prévention.

Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement fédéral a réservé 25 millions de dollars sur cinq ans pour que cesse la violence contre les femmes autochtones. La ministre Leitch a annoncé récemment comment cet argent serait dépensé. Une enveloppe de 5 millions de dollars y est réservée pour la dénonciation et la prévention de la violence contre les femmes autochtones.




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