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Les sénateurs expulsés veulent siéger comme «libéraux indépendants»

Les sénateurs touchés ont émergé en bloc de... (Photo Sean Kilpatrick, PC)

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Les sénateurs touchés ont émergé en bloc de la salle de réunion plusieurs heures après leur rencontre avec le chef libéral. Certains avaient la mine longue et les yeux rougis, tandis que d'autres ne faisaient mine de rien et souriaient. Au centre, le leader de l'opposition libérale au Sénat, James Cowan.

Photo Sean Kilpatrick, PC

(Ottawa) La décision de Justin Trudeau d'évincer les sénateurs du caucus libéral a causé une commotion au parlement. Mais les principaux intéressés ont décidé malgré tout de continuer à siéger au Sénat comme « caucus de sénateurs libéraux indépendants ».

« Nous sommes le caucus libéral du Sénat et je resterai le leader de l'opposition et nous allons rester l'opposition libérale au Sénat », a déclaré le leader de l'opposition, James Cowan.

Justin Trudeau a annoncé ce matin aux 32 sénateurs libéraux qu'ils ne feraient désormais plus partie du caucus national du PLC. Seuls les députés y seront désormais admis. Ces sénateurs ont émergé en bloc de la salle de réunion plusieurs heures après leur rencontre avec le chef libéral. Certains avaient la mine longue et les yeux rougis, tandis que d'autres ne faisaient mine de rien et souriaient.

« Bien entendu, il y avait des réactions émotives, des gens qui se sentent tristes, des gens qui sont surpris et des gens qui se sentent bien par rapport à cela », a convenu le sénateur nouvellement indépendant Jim Munson.

« C'est pourquoi nous avons eu une réunion de notre caucus indépendant relativement longue : pour essayer de comprendre ces émotions et déterminer ce que nous faisons à partir de maintenant, et comment nous travaillons comme sénateurs libéraux indépendants et continuer à appuyer Justin Trudeau. »

Cette décision de maintenir un caucus libéral du Sénat a paru en surprendre certains, dont le député libéral Ralph Goodale. « C'est seulement une heure après une très grande annonce. Donc je pense que ça va prendre du temps aux gens de bien saisir la manière dont le Sénat lui-même devra ajuster ses règles pour incorporer ce concept », a-t-il dit.

« Ils ne font pas partie du caucus libéral national, a-t-il cependant rappelé. Ce sont des individus, ils sont indépendants et c'est de cette manière qu'ils devront se comporter. »

Harper se moque de la décision

À la période de questions de la Chambre des communes, en après-midi, le premier ministre Stephen Harper a tourné l'annonce en dérision. « Cette annonce est aussi bizarre en français qu'en anglais. Son chef au Sénat a dit la chose suivante : 'Je ne suis pas un ancien sénateur libéral, je suis un libéral. Et je suspecte qu'il n'y aura pas beaucoup de changement' », a lancé M. Harper en parlant de James Cowan.

« Le changement annoncé aujourd'hui est que des sénateurs libéraux non élus deviendront des sénateurs non élus qui sont des libéraux », a-t-il raillé.

Le sénateur terre-neuvien George Baker, qui a député libéral sous Trudeau père, a applaudi la décision du fils. Selon lui, la balle est maintenant dans le camp de Stephen Harper, dont les sénateurs conservateurs siègent toujours au caucus national.

« Ça doit être dépolitisé, a affirmé le sénateur Baker en parlant du Sénat. M. Trudeau fait le premier pas. Il doit être félicité. Les Canadiens diront 'Hourra!' et : 'Qu'allez-vous faire maintenant, monsieur le premier ministre?' » M. Harper n'a pas daigné répondre à cette question, que lui a aussi posé Justin Trudeau à la Chambre des communes.

Les sénateurs conservateurs pris de court

Le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, a semblé totalement pris de court lorsqu'il est entré en trombe au parlement en avant-midi. Il a répété « je ne sais pas, je ne sais pas » aux journalistes qui lui demandaient ce que feraient ses propres troupes.

Les sénateurs conservateurs se sont réunis à huis clos en début d'après-midi.

À la Chambre haute quelques minutes plus tard, ils ont demandé au président de clarifier le nouveau statut de ce groupe de sénateurs. Le président Noel Kinsella a tranché qu'ils faisaient bel et bien partie d'une formation politique reconnue, après que plusieurs se soient levés pour réitérer leur appartenance au PLC.

Une telle reconnaissance a des conséquences très réelles sur le budget et l'influence de ces sénateurs dans les comités parlementaires, notamment. Les règles du Sénat exigent qu'un parti politique doit avoir au moins cinq membres pour être ainsi reconnu.   

Avec Joël-Denis Bellavance




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