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Stephen Harper somme les fraudeurs de quitter son parti

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Stephen Harper

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(Ottawa, Ontario) Exprimant sa colère, le premier ministre Stephen Harper invite les députés ou les sénateurs qui cherchent à profiter de leurs fonctions pour s'enrichir à quitter le Parti conservateur sur-le-champ.

Prenant la parole en public devant les membres de son caucus, M. Harper a réagi pour la première fois à la crise qui secoue son gouvernement et son propre bureau relativement aux dépenses injustifiées de certains sénateurs qu'il a lui-même nommés.

Cette crise a forcé la démission des sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin du caucus conservateur la semaine dernière et aussi entraîné celle de son chef de cabinet, Nigel Wright, dimanche.

M. Wright a remis sa démission après qu'il fut révélé qu'il a signé un chèque personnel de 90 000 dollars afin d'aider le sénateur Mike Duffy à rembourser les contribuables pour les allocations de logement qu'il a indûment empochées au cours des quatre dernières années.

« La raison pour laquelle je vous parle aujourd'hui, c'est que je veux vous entretenir de certains événements qui se sont produits récemment. Je crois qu'aucun d'entre vous ne sera surpris d'entendre que je ne suis pas content, je suis très fâché au sujet de certains agissements dont nous avons été témoins, au sujet du comportement de certains parlementaires et les agissements de mon propre bureau », a affirmé M. Harper.

« Nous avons travaillé fort collectivement comme parti, comme caucus et comme gouvernement afin de renforcer dramatiquement les règles de responsabilité à Ottawa et afin d'appliquer ces normes à nous-mêmes », a-t-il ajouté.

Puis, désirant montrer qu'il sera sans merci envers ceux qui dérogent à ces règles, le premier ministre a renchéri en français: « Quiconque veut utiliser une charge publique pour son propre bénéfice devrait changer de plan, ou encore mieux, quitter cette salle. » Il a répété la même phrase en anglais pour s'assurer que son message soit bien compris.

Le caucus conservateur a accueilli ces paroles en applaudissement leur chef à tout rompre. Le discours de M. Harper a duré une dizaine de minutes. À la fin de son allocution, il a refusé de répondre aux questions des journalistes présents malgré leur insistance.

M. Harper a profité de l'occasion pour annoncer que son gouvernement resserrera les règles entourant les dépenses des sénateurs afin d'éviter d'autres abus comme ceux de Mike Duffy. M. Harper part cet après-midi pour une mission commerciale de quelques jours au Pérou et en Colombie.

À l'issue du caucus, les députés et ministres conservateurs se sont montrés satisfaits du discours du premier ministre.

« Je pense que le premier ministre a faire preuve de leadership aujourd'hui. Il est déterminé. Les Canadiens ont absolument raison d'exiger mieux de notre part. Nous devons et nous allons faire mieux », a affirmé le président du Conseil du Trésor, Tony Clement.

« Nous pouvons tous convenir qu'il s'agit d'une situation malheureuse et inacceptable. Nous devons avoir de meilleures règles en vigueur. Le Sénat est une vieille institution et les règles ne respectent pas les normes auxquelles nous, les conservateurs, nous sommes astreints et auxquelles les Canadiens s'attendent. Je pense que le bureau du premier ministre doit aussi respecter ces normes », a ajouté le ministre Clement.

Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, est un ancien policier. À ses yeux, le premier ministre a adopté la « bonne approche » pour juguler cette crise, l'une des plus importantes depuis que le gouvernement conservateur a obtenu sa majorité.

« Il a énoncé les règles pour ceux qui pourraient ne pas avoir compris la première fois et il est préparé à agir si jamais certains ont un comportement répréhensible, a dit M. Fantino, Que voulez-vous de plus. »

Pas de détails

Le Nouveau Parti démocratique a appelé lundi la Gendarmerie Royale du Canada à enquêter sur cette affaire. Son critique en matière d'Éthique, Charlie Angus, estime que le premier ministre doit se montrer plus transparent dans cette affaire. D'autant plus qu'il a lui-même nommé les quatre principaux acteurs du scandale du Sénat : Nigel Wright, Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau.

« La marque éthique du premier ministre est profondément endommagée, a dit M. Angus. Et ce qu'il a fait ce matin prouve qu'il ne comprend toujours pas à quel point elle est endommagée. »

Les élus conservateurs n'ont partagé aucune information au sujet du fameux chèque personnel de 90 000$ remis par M. Wright au sénateur Duffy. Le « cadeau » a-t-il fait l'objet d'une entente entre les deux hommes ? Le premier ministre était-il au courant ? Les ministres et députés ont esquivé ces questions mardi.

« Si l'on enfreint les lois, on doit faire face aux conséquences, a simplement dit le ministre des Anciens combattants, Steven Blaney. On prend des mesures pour s'assurer qu'on soit imputables. »




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