Le ministre des Finances Jim Flaherty refuse de commenter l'intention du Parti québécois de puiser dans la Caisse de dépôt et placement du Québec afin de créer un fonds d'investissement de 10 milliards de dollars pour protéger les entreprises québécoises contre les prises de contrôle par des sociétés étrangères.

Publié le 15 août 2012
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Interrogé à plusieurs reprises ce matin à ce sujet, le ministre s'est abstenu de formuler quelque commentaire que ce soit, même s'il avait soutenu au préalable que le Canada doit demeurer une terre fertile pour les investissements étrangers afin d'assurer la croissance de son économie.  

De toute évidence, M. Flaherty, qui ne mâche pas ses mots lorsqu'une province adopte une politique contraire à sa vision économique, a suivi à la lettre la consigne du bureau du premier ministre Harper, qui est de ne pas s'immiscer dans la campagne électorale au Québec.  

«Vous avez soulevé des questions intéressantes au sujet desquelles je ne vais pas faire de commentaire. Il incombe à la population du Québec de choisir le gouvernement qu'elle veut. Ce n'est pas à moi de le faire», a d'abord dit M. Flaherty. 

«Je vous assure que j'ai une opinion à ce sujet. Mais je ne vais pas l'exprimer ici devant vous aujourd'hui, a-t-il ajouté, en réponse à une deuxième question. Nous pouvons avoir une discussion à ce sujet une fois que les élections seront terminées au Québec.»

Le Parti québécois a promis de créer un fonds d'investissement pour protéger les entreprises québécoises quelques jours après que la chaîne américaine Lowe's eut fait une offre de 1,76 milliard de dollars pour l'acquisition de l'entreprise québécoise Rona. Rona a décliné cette offre d'achat, mais tous les partis politiques au Québec ont exprimé des inquiétudes à l'égard d'une telle tentative de prise de contrôle.  

Le fonds de 10 milliards proposé par le PQ servirait aussi à soutenir le «développement de nouveaux secteurs stratégiques» au Québec.