Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, s'est excusé hier auprès du vice-premier ministre de l'Alberta pour l'avoir traité de «trou de cul».

Mis à jour le 20 juin 2012
Hugo De Grandpré LA PRESSE

L'insulte a été lancée dans un courriel adressé aux 26 députés fédéraux de la province et à leurs adjoints. Obtenu par l'Edmonton Journal, ce courriel répondait à celui de Blaine Calkins, député et président du caucus albertain des conservateurs fédéraux.

«L'honorable Thomas Lukaszuk, vice-premier ministre de l'Alberta, sera à Ottawa le jeudi 21 juin 2012, et réclame un dîner ou un souper avec le caucus», a indiqué M. Calkins mercredi dernier en fin d'après-midi. Il a précisé qu'il n'était pas personnellement en mesure d'organiser la réception.

La réponse du ministre Kenney est venue cinq minutes plus tard: «Je réponds un non sans équivoque à Lukaszyk [sic]. Je ne crois pas que ça ait du sens de créer un précédent et de tenir une réunion extraordinaire du caucus pour chaque ministre du gouvernement provincial qui visite», a écrit l'influent politicien de Calgary.

«En plus, c'est un trou de cul total et complet», a-t-il tranché.

L'incident pourrait être symptomatique de l'état des relations entre les progressistes-conservateurs albertains et les conservateurs de Stephen Harper.

Lors des dernières élections provinciales, survenue en avril, la majorité des députés conservateurs fédéraux de l'Alberta n'ont pas caché leur préférence pour le parti Wildrose. Une guerre politique divise la province depuis des décennies entre les progressites-conservateurs, plus à gauche et désignés comme des red tories, et les conservateurs de Stephen Harper, issus de l'aile réformiste, qui se veux plus à droite.

Contre toute attente, c'est finalement le Parti progressiste-conservateur d'Alison Redford qui a remporté les élections. Au lendemain de sa victoire, la première ministre Redford a tenté de rassurer la population en affirmant qu'elle maintiendrait de bonnes relations avec le gouvernement fédéral.

Le ministre Jason Kenney a refusé de s'excuser à plusieurs reprises durant la période de questions, hier.

Une heure plus tard, son bureau a toutefois diffusé une brève déclaration: «Le ministre a parlé au ministre Lukaszuk afin de s'excuser pour le message courriel, et pour souligner qu'il avait hâte de continuer à entretenir une relation de travail positive entre le gouvernement de l'Alberta et le gouvernement fédéral.»