Le gouvernement Harper se comporte comme une véritable «dictature» depuis qu'il a une majorité à la Chambre des communes en mettant la clef sous la porte d'organismes qui ne partagent pas sa vision, estime le chef libéral Bob Rae.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

M. Rae a lancé cette accusation hier après avoir dressé la liste des organismes qui ont vu leur financement aboli dans les dernières semaines à la suite du dépôt du budget fédéral.

Le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, l'Institut de la statistique des Premières Nations, l'Institut sur la gouvernance, l'Organisation nationale de la santé autochtone et le Conseil national du bien-être social sont autant d'organismes qui seront abolis à la suite des compressions imposées par Ottawa, a affirmé M. Rae.

Selon le chef libéral, la fermeture de ces organismes est la preuve que le gouvernement Harper tolère mal toute opinion qui est contraire à la sienne. «Il est clair que le gouvernement est en train de fermer les institutions et de taire la voix de ceux avec lesquels ils [les conservateurs] ne sont pas d'accord», a soutenu M. Rae hier aux Communes.

Organismes «inutiles»

En l'absence du premier ministre Stephen Harper, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a affirmé que certains de ces organismes étaient devenus inutiles au fil des ans.

Il a notamment cité l'exemple de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie qui, selon lui, a produit depuis sa création une série de rapports préconisant l'instauration d'une taxe sur le carbone, une mesure qu'ont rejetée les Canadiens aux élections de 2008.

«Ce que nous sommes en train de faire, c'est de faire en sorte que le gouvernement rende des comptes, vive selon ses moyens financiers et concentre ses énergies sur les priorités des Canadiens qui nous ont élus», a dit M. Baird.

«Pourquoi les contribuables devraient-ils payer pour 10 rapports faisant la promotion d'une taxe sur le carbone, une mesure que les Canadiens ont toujours rejetée? C'est un message que le Parti libéral est incapable d'accepter», a-t-il ajouté.