Les conservateurs se targuent d'avoir trouvé, dans les petits dons, la recette à succès du financement de parti, mais une récente analyse démontre qu'ils peuvent surtout compter sur le plus grand nombre de donateurs versant le montant maximal.

Steve Rennie et Stephanie Levitz LA PRESSE CANADIENNE

Un examen des contributions politiques effectué par La Presse Canadienne révèle que le Parti conservateur a engrangé plus de dons maximaux de 1100 $ par année que tout autre parti fédéral.

Quelque 12 000 personnes ont ainsi versé cette somme maximale aux conservateurs depuis 2007, ajoutant plus de 13 millions $ aux coffres du parti.

Du côté des libéraux, ils ont été 7500 à en faire autant, tandis que pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), ce chiffre baisse à 1700. Le Parti libéral a ainsi empoché environ 10 millions $ et les néo-démocrates, plus de 2 millions $.

Élaborer des stratégies pour afficher une performance semblable à celle des conservateurs sera la principale tâche des partis de l'opposition au cours des prochaines années. Le parti de Stephen Harper, majoritaire aux Communes, s'affaire désormais à respecter sa promesse électorale de couper les subventions aux partis. Cette politique du deux dollars versés aux partis par vote reçu était la mère nourricière des politiques fédérales depuis 2004.

Dès l'an prochain, cette subvention sera réduite à 1,50 $, avant de descendre à 1 $ en 2013 et à 50 cents en 2014. La prochaine fois que les Canadiens seront appelés aux urnes, la subvention sera totalement abolie.

Les conservateurs avaient par ailleurs rabaissé à 1100 $ les dons permis à titre personnel, une somme qui avait été fixée à 5000 $ par le passé.

Certains ont suggéré que le plafond du don individuel pourrait être rehaussé à nouveau une fois la subvention par vote éliminée.

Une étude menée en 2010 par le conseiller conservateur de longue date Tom Flanagan et le spécialiste des sondages David Coletto avait toutefois conclu que le fait d'utiliser tout autre méthode alternative de financement ne remplacerait qu'une fraction de l'argent.

«Les données canadiennes démontrent que l'augmentation de la limite des dons par personne n'aurait qu'un faible impact positif», écrivait-on dans l'étude.

«Le fait d'annuler les indemnités contraindra les partis de façon définitive, et pourrait les forcer à limiter leurs activités de campagne électorale», indiquait-on également.

Les conservateurs sont ceux qui ont perdu le plus d'argent en abolissant les subventions, mais l'impact sera nettement plus sévère auprès du NPD et du Parti libéral. En 2010, la subvention était quasi-égale à la somme d'argent amassée grâce aux dons.

L'étude de MM Flanagan et Coletto avertit cependant les détracteurs de cette politique d'abolition des indemnités, qui clament que cela affaiblira tout parti politique.

«Tous doivent se rappeler qu'ils étaient capables de se débrouiller avec des sommes d'argent beaucoup plus modestes avant 2004», notent-ils.

La Presse Canadienne a mené cette étude à partir des données fournies par les partis à Élections Canada. Seuls les dons individuels de 200 $ ou plus apparaissaient sous la colonne des contributions politiques affichées sur le site Web d'Élections Canada. Les détails sur les dons individuels inférieurs à cette somme ne sont pas affichés, mais sont inclus dans les documents annuels des partis.