Le premier ministre Harper a définitivement fermé la porte aujourd'hui à toute forme de contribution fédérale au nouveau Colisée de Québec.

Mis à jour le 16 mars 2011
Paul Journet LA PRESSE



Il n'existe aucun programme pour financer de telles infrastructures, a justifié M. Harper. Il rappelle que si son gouvernement a financé le centre MTS de Winnipeg, c'est parce qu'il y avait un financement privé important. Or, outre le groupe citoyen J'ai ma place, il n'y a pas de partenaire privé important dans le financement du Colisée. Quebecor achète de la publicité avec le nom ainsi que les droits de gestion et les possibles profits que cela implique, mais c'est le gouvernement provincial et le municipal qui paient la construction.

Combien d'argent privé aurait-il fallu? «La décision est finale», a répondu le premier ministre, sans vouloir avancer de chiffre.

Il dit traiter équitablement chaque ville canadienne. Sans contribution du privé, c'est donc  non pour Québec, mais non aussi pour Halifax, Régina, Calgary ou Edmonton. «Il n'y aura jamais de deux poids, deux mesures», a-t-il assuré.

Si le projet d'amphithéâtre divise la population québécoise, dans la région de Québec, il reste très populaire. À l'aube du déclenchement probable d'élections fédérales, le parti conservateur arrive dernier au Québec parmi les partis reconnus, selon un sondage de Léger Marketing publié cette semaine. Le Bloc mène (41%), loin devant le NPD (20%), le Parti libéral (18%) et enfin le Parti conservateur (16%) (marge d'erreur de 3,1%). C'est au Québec qu'on compte la plus grande proportion d'insatisfaits envers le gouvernement Harper (70%). Les conservateurs mènent toutefois dans l'ensemble du pays avec 36% des intentions de vote, bien en avance devant les libéraux (23%).

50 millions pour l'aéroport

C'est dans ce contexte, où le gouvernement Harper craint de perdre des sièges dans la région de Québec, que le premier ministre annonçait aujourd'hui un investissement allant jusqu'à 50 millions pour l'agrandissement de l'aéroport de Québec. Cette somme s'ajoute aux 15 millions $ qui avaient déjà été annoncés en 2006.

Le gouvernement provincial avait déjà promis lui aussi 15 millions. L'aéroport espère que Québec égalera maintenant la mise d'Ottawa. La deuxième phase d'agrandissement coûtera 225 millions. L'aéroport, une société privée, allongera 125 millions.

Le maire de Québec, qui a dénoncé l'absence de M. Harper dans le financement du Colisée, n'a pas été invité à la conférence de presse, a-t-on confirmé ce midi à son bureau. Il est présentement à Las Vegas pour des rencontres d'affaires, et doit revenir en fin de journée à Québec.

M. Harper avait toutefois invité le député indépendant André Arthur. Il a affirmé après la conférence de presse qu'il n'excluait pas de se présenter pour le parti conservateur aux prochaines élections.

M. Harper doit rencontrer plus tard aujourd'hui le premier ministre Jean Charest. Le dossier progresse rapidement. L'aéroport avait fait connaître ses demandes il y a quelques semaines seulement.

Fidèle à son habitude, le bureau du premier ministre Harper a limité les questions des journalistes, qui devaient s'inscrire au préalable sur une liste. Seulement huit questions ont été posées. Aucune ne portait sur l'harmonisation des taxes de vente. Québec attend encore 2,2 milliards pour régler ce dossier, qui piétine depuis plusieurs années. C'est une condition sine qua non du Bloc pour appuyer le gouvernement Harper.

M. Harper a insisté qu'il défendait bien les intérêts des électeurs de la région de Québec. Son bureau a remis une épaisse pile de documents, totalisant près de 200 pages, pour rappeler chacun de ces investissements dans la région depuis son élection en 2006. Les élections ne semblent pas bien loin.