(Ottawa) Le Canada « ne cédera pas la parole à la propagande russe » lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G20 en Indonésie, assure Mélanie Joly.

Publié le 5 juillet
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

La cheffe de la diplomatie du Canada est en route vers Bali, où elle se réunira avec ses homologues du G20, ce groupement à vocation économique.

Parmi ses vis-à-vis, il y aura Sergueï Lavrov, de la Russie.

« Ce n’est pas vrai que je vais me retrouver dans la même salle que Sergueï Lavrov au G20 », avait pourtant lancé la ministre Joly en mars dernier.

En dépit de sa présence, elle a tout de même choisi de faire le déplacement.

Car sa présence « est aussi l’occasion de contrer directement la désinformation des représentants du régime russe, à laquelle on s’attend désormais dans de tels forums multilatéraux », est-il écrit dans le communiqué de presse annonçant sa présence au sommet.

« Le Canada doit se lever pour dénoncer les mensonges de la Russie et, avec ses partenaires aux vues similaires, proposer des solutions pour faire face à l’utilisation de la nourriture comme une arme par la Russie […] », a déclaré la ministre Joly dans ce même communiqué.

En avril dernier, des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20 réunis à Washington avaient quitté la salle lorsque le ministre des Finances de la Russie, Anton Silouanov, avait voulu intervenir virtuellement.

Parmi ceux qui avaient pris part au boycottage figuraient la ministre des Finances et vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, la secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, ainsi que la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Vers le sommet des dirigeants

Cette rencontre est un prélude au sommet des dirigeants du G20, qui se tiendra en novembre prochain.

À la fin mars, le président des États-Unis, Joe Biden, avait réclamé l’expulsion de la Russie du G20.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau n’était pas allé jusque là, mais il avait exprimé son malaise.

« Ça ne peut pas être comme d’habitude. Avec la Russie autour de la table, ça va être un grand enjeu pour beaucoup de pays, dont le Canada. Je ne pense pas qu’on peut s’asseoir avec la Russie autour de la table », a-t-il soutenu.

Du même souffle, il n’avait pu s’empêcher de souligner l’ironie que le régime de Vladimir Poutine, qui cause des ravages à l’économie mondiale, ait sa place au sein d’un groupe dont la mission est justement de trouver des moyens de favoriser la croissance économique.