(Ottawa) Le Canada a envoyé en Ukraine quatre obusiers M777, des munitions, ainsi qu’un « nombre important de munitions antichars Carl Gustaf ». L’artillerie a été puisée dans la réserve des Forces armées canadiennes.

Mis à jour le 22 avril
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Dans un communiqué de presse au langage imprécis publié vendredi en fin d’après-midi, le ministère de la Défense nationale annonçait que « le Canada a maintenant livré un nombre d’obusiers M777 » aux forces de sécurité de l’Ukraine, en collaboration avec les États-Unis.

On a en fait expédié quatre obusiers sur les 37 que les Forces armées possèdent, a confirmé La Presse auprès d’une source militaire bien au fait du dossier. Le réseau CBC News avait d’abord rapporté cette information, en milieu d’après-midi.

Un obusier est un canon léger relativement court qui assure un appui‑feu indirect capable d’atteindre avec précision des cibles à des distances allant jusqu’à 30 km. Le Canada avait acheté les siens pendant la guerre en Afghanistan, d’après CBC News.

Le Canada a envoyé avec eux des munitions y étant associées, ainsi qu’« un nombre important de munitions antichars Carl Gustaf ». Tout cet équipement provient de l’inventaire des Forces armées canadiennes, dont la « capacité sera toutefois réapprovisionnée », lit-on dans le communiqué.

De plus, Ottawa est « en voie de finaliser des contrats relatifs à un certain nombre de véhicules blindés de marque commerciale qui seront envoyés en Ukraine dès que possible, ainsi qu’un contrat de service pour l’entretien et la réparation des caméras spécialisées pour drones que le Canada a déjà fait parvenir », signale-t-on.

Le communiqué ne précise pas le coût du matériel envoyé en Ukraine, ni quand il est arrivé à destination, ni dans quelle région l’artillerie a été livrée.

Le premier ministre Justin Trudeau avait révélé mardi à l’issue d’une rencontre organisée par le président des États-Unis, Joe Biden, au sujet de l’Ukraine, que le Canada accéderait finalement à cette demande maintes fois formulée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Il s’était depuis montré avare de détails, arguant qu’il n’était pas prudent, stratégiquement parlant, de laisser filtrer trop de détails sur le projet d’armer les troupes ukrainiennes, alors que la Russie continue de pilonner nombre de villes en sol ukrainien.

Le budget fédéral déposé le 7 avril dernier prévoit une enveloppe de 500 millions pour une aide militaire, létale et non létale, à l’Ukraine – une somme qui vient s’ajouter aux quelque 90 millions qui avaient été annoncés auparavant.

Aux États-Unis, le président Biden a donné son aval à l’octroi de 1,6 milliard de dollars américains (environ 2 milliards de dollars canadiens) en aide à l’Ukraine pour l’achat de matériel militaire létal. Il avait autorisé une première tranche le 13 avril dernier, et il en a approuvé une deuxième jeudi.