(Ottawa) « Disponible en anglais seulement. » C’est l’avertissement qui accompagne l’invitation à un webinaire de l’ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises (OCRE) – une mise en garde équivalant à une « insulte » qui pousse le Bloc québécois à déposer une plainte auprès du commissaire aux langues officielles.

Publié le 28 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Le député bloquiste Mario Beaulieu a été saisi de l’affaire par des attachés politiques de sa formation qui étaient intéressés par l’évènement portant sur les enjeux liés à la protection des droits des enfants dans l’industrie du vêtement.

Il n’a guère été étonné de voir que le tout se déroulait seulement dans la langue de Shakespeare.

« Ce que ça démontre, c’est qu’il y a une culture organisationnelle qui est profondément ancrée au gouvernement fédéral à l’effet que le français, c’est une langue de deuxième classe, malgré qu’on dénonce continuellement des cas », se désole celui qui est porte-parole bloquiste en matière de langues officielles.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE TWITTER

On peut lire, à la fin de ce tweet du Bureau de l’ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises, que le séminaire est offert en anglais seulement.

« L’ombudsman, il fait partie du gouvernement du Canada, et il a un mandat public. Il me semble que ce serait la moindre des choses qu’il y ait une traduction en français, à tout le moins », enchaîne-t-il à l’autre bout du fil, disant qu’une plainte officielle est en cours de rédaction pour dénoncer cette « insulte ».

Un projet de loi suivi de près

Même s’il ne s’attend pas à ce que les choses changent du jour au lendemain, M. Beaulieu suivra étroitement le dépôt du projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Le gouvernement Trudeau l’avait présenté en juin dernier, et il a promis de revenir à la charge dans les 100 premiers jours de son troisième mandat.

La mouture initiale de cette réforme linguistique attendue de longue date, le projet de loi C-32, prévoyait que le fédéral s’engage « à favoriser l’usage du français et de l’anglais dans la conduite des affaires extérieures du Canada et à promouvoir le français dans le cadre des relations diplomatiques du Canada ».

La prédominance de l’anglais au détriment du français au sein de l’appareil fédéral, tout particulièrement chez Affaires mondiales Canada, n’est pas un nouveau phénomène. Il faut malgré tout « continuer à dénoncer et faire des démarches », et mettre à l’épreuve la « réelle volonté politique » des libéraux, argue Mario Beaulieu.

Il a fallu plus d’une journée pour obtenir une réaction de l’OCRE, où l’on a souhaité « fournir une mise à jour » concernant l’évènement qui se tiendra le 21 février prochain.

« Alors que le webinaire se déroulera principalement en anglais, étant donné que les experts internationaux invités parlent anglais, l’OCRE offrira une interprétation simultanée en français de l’événement via WebEx. Les remarques d’ouverture de l’ombudsman seront également fournies en anglais et en français, ainsi qu’un résumé de l’événement », a-t-on indiqué.