(Ottawa) Le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, affirme que le gouvernement va de l’avant avec des plans visant à garantir que les géants du numérique paient les médias canadiens pour la réutilisation de leur contenu d’actualités.

Publié le 25 janvier
Marie Woolf La Presse Canadienne

M. Rodriguez consulte les partis d’opposition sur la présentation d’un projet de loi inspiré de la législation australienne obligeant les géants de la technologie à payer pour le contenu d’actualités sur leurs plateformes.

Le ministre a déclaré qu’un projet de loi était une « priorité absolue » pour lui et qu’il agissait rapidement pour le présenter.

Il a dit qu’il y avait maintenant une « situation critique » qui devait être résolue dans l’industrie de l’information au Canada.

Des centaines de journaux et d’autres organes de presse ont fermé leurs portes au Canada et la grande partie des revenus publicitaires va maintenant à deux entreprises numériques, a-t-il précisé.

« Au cours des 15 dernières années, environ 450 organes de presse ont fermé, a affirmé M. Rodriguez. Si vous ne remontez qu’en février 2020, 63 de ces médias ont fermé, nous devons donc agir. Je dirais qu’il y a une crise dans le système d’information canadien. »

M. Rodriguez a déclaré qu’il croyait que la fermeture des médias canadiens signifiait que « notre démocratie n’est pas devenue plus forte, mais plus faible ».

« Nous devons nous assurer que nous avons un système où nous aurons une presse indépendante, forte et libre. Nous devons protéger et nous assurer que les Canadiens ont accès à des informations professionnelles, impartiales, neutres et non partisanes », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le député néo-démocrate Peter Julian a écrit à M. Rodriguez en accusant le gouvernement de se traîner les pieds. Dans sa lettre, il a soutenu que « les géants du numérique tels que Facebook et Google ont détourné les revenus publicitaires sur lesquels nos médias sont financés ».

M. Julian a déclaré à La Presse Canadienne que le NPD serait disposé à travailler avec le gouvernement libéral pour faire adopter une loi inspirée de la législation australienne.

Le député néo-démocrate a indiqué qu’une action rapide était cruciale pendant la pandémie, car les Canadiens fondent des décisions importantes, telles que le port ou non du masque, à partir de la « désinformation » présente sur les plateformes numériques, plutôt que sur des reportages impartiaux des journalistes.

M. Julian a déclaré que faire payer les géants de la technologie pour les informations, comme en Australie, serait « une première étape importante » pour rééquilibrer la situation et aider à maintenir les médias locaux en vie.

Facebook, désormais connu sous le nom de Meta, a d’abord répondu à la loi australienne en bloquant les informations de ce pays sur sa plateforme avant de conclure un accord avec le gouvernement.

La société Meta, qui finance des bourses de reportage à La Presse Canadienne, a déclaré qu’elle ne commenterait pas le projet de loi du Canada tant qu’elle n’aurait pas vu une ébauche. Mais l’entreprise a précisé qu’au cours des quatre dernières années, elle avait investi près de 10 millions de dollars dans des partenariats et des programmes pour encourager et soutenir le développement de modèles commerciaux durables pour les organes de presse – imprimés et radiodiffusés – au Canada.

M. Rodriguez a soutenu qu’il y avait un « consensus général » sur le fait que la législation australienne était « équitable » – ajoutant « qu’il y aura des choses qui seront spécifiquement canadiennes » dans le projet de loi qu’il envisage de présenter.

« Je pense que cela (sera) juste pour tout le monde de tous les côtés et protégera l’indépendance de la presse et nous permettra d’avoir une presse libre », a-t-il déclaré.

Lauren Skelly, porte-parole de Google Canada, a indiqué que les informations sont « vitales pour une démocratie florissante » et « au cœur » de la mission de Google de rendre « l’information universellement accessible et utile ».

Mais Mme Skelly estime que certains aspects du système australien étaient « impraticables ».

« Le Canada a la chance de créer une politique internet de classe mondiale qui renforce l’industrie de l’information et nous sommes impatients de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement pour l’aider à atteindre cet objectif », a-t-elle soutenu.