(Ottawa) Le chef du Parti conservateur ne voit pas la décision du caucus de la Saskatchewan de garder dans ses rangs une sénatrice qu’il a expulsée comme un désaveu de son leadership.

Publié le 24 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Alors qu’il s’apprête à rencontrer son caucus national en prévision de la rentrée parlementaire du 31 janvier prochain, le dirigeant semble toujours aux prises avec la grogne de certains députés qui sont mécontents de sa performance lors de la dernière élection.

La plus récente preuve en est cette décision du caucus saskatchewanais de garder une chaise à la table pour la sénatrice Denise Batters. Celle-ci a été éjectée du caucus national conservateur en novembre dernier par Erin O’Toole après avoir lancé une pétition pour réclamer un vote sur le leadership du chef avant 2023.

Le vote des membres du caucus régional s’est tenu jeudi soir dernier, derrière des portes closes, selon ce qu’a rapporté l’hebdomadaire spécialisé en politique fédérale The Hill Times, le premier média à avoir rapporté la nouvelle.

Invité à réagir au vote, en conférence de presse, lundi, le chef O’Toole a voulu en minimiser l’importance.

« Ça ne me dérange pas vraiment », a-t-il laissé tomber, en plaidant que le caucus national est celui qui compte véritablement, car c’est l’endroit où les grandes décisions, celles sur la direction que l’on veut donner au pays, se discutent et se prennent.

« Le caucus national, c’est pour les gens qui veulent faire avancer un Canada fort et uni. Les parlementaires sont libres de faire ce qu’ils veulent et défendre certains intérêts dans d’autres rencontres. Pour ma part, je me concentre sur les Canadiens », a-t-il soutenu.

Le résultat du scrutin du 20 septembre dernier a été décevant pour les conservateurs, qui ont obtenu moins de sièges que sous la houlette du précédent chef, le Saskatchewanais Andrew Scheer. Dans la foulée de la défaite, Erin O’Toole a confié à un candidat battu, James Cumming, le mandat d’en faire l’autopsie.

Les conclusions de cet examen doivent être présentées au caucus national. Il n’est pas prévu qu’il soit rendu public.

Quant à la démarche entreprise par la sénatrice Batters, elle a été jugée irrecevable par l’état-major du parti. De nombreux députés et sénateurs l’ont également réprouvée, y voyant une initiative de nature à favoriser le premier ministre Justin Trudeau.

Le convoi de la discorde ?

Le chef O’Toole avait convoqué les représentants des médias pour dénoncer la gestion des finances par les libéraux. Alors que l’inflation fait mal au portefeuille des Canadiens, les libéraux « laissent tomber encore et encore » la population, a-t-il reproché.

À cette occasion, il a été questionné à répétition sur ce convoi de camionneurs en direction d’Ottawa. Partis de la Colombie-Britannique, les conducteurs du « Rallye pour la liberté » dénoncent l’obligation vaccinale instaurée par le gouvernement Trudeau.

Après avoir esquivé à quelques reprises, il a fini par laisser tomber que ce n’était pas son rôle d’endosser ou pas tel mouvement. « Ce n’est pas [à] moi comme chef d’appuyer une manifestation ou un convoi. Je suis ici pour le bien-être des Canadiens », a argué le leader de l’opposition officielle.

Un certain nombre de ses députés ont toutefois donné leur sceau d’approbation à la démarche. C’est le cas de son porte-parole en matière de finances, Pierre Poilievre, mais également de son prédécesseur, Andrew Scheer.

« Merci les camionneurs ! Trudeau attaque la liberté personnelle et menace la capacité de chacun à faire l’épicerie en raison de sa portée excessive sur les mandats de vaccination. Il est la plus grande menace à la liberté au Canada », a écrit sur Twitter l’élu de la Saskatchewan, un proche de la sénatrice Batters.