Après avoir injecté 90 millions dans l’opération Centaure, Québec annonce une importante somme pour agir en amont. Cinquante-deux millions seront investis dans la prévention de la criminalité auprès des jeunes pour leur offrir d’autres options que la violence.

Mis à jour le 5 déc. 2021
Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

« On a beau mettre tous les policiers du monde, le jour où une arme à feu arrive dans la main d’un jeune de 15 ans, c’est parce qu’on a échappé quelque chose avant », estime la vice-première ministre Geneviève Guilbault. La somme de 52 millions sera déclinée de six façons pour offrir aux jeunes liés au monde criminel des options positives et constructives.

« Montréal demeure une ville sécuritaire, mais on comprend que des gens soient inquiets et extrêmement bouleversés », a ajouté la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau.

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Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole

La somme de 52 millions financera six initiatives.

Le gouvernement alloue 11,3 millions sur 5 ans au Programme de prévention de la délinquance par le sport, les arts et la culture. L’initiative offre actuellement des activités sportives et des loisirs aux jeunes à risque de tomber dans un mode de vie criminel.

Une somme de 20,2 millions sur 4 ans sera allouée aux organismes communautaires de travail de rue et de prévention de la criminalité. Québec souhaite ainsi amenuiser le roulement de personnel au sein de ces organismes, qui est de 30 % et qui crée une discontinuité dans les services offerts aux jeunes.

Montréal est face à un nouveau phénomène lié aux réseaux sociaux où les armes à feu sont valorisées et même brandies, a ajouté Mme Rouleau.

Pour la mairesse de Montréal, Valérie Plante, il est nécessaire de s’attaquer aux conditions sociales, économiques et urbaines qui mènent à cette flambée de violence.

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Valérie Plante, mairesse de Montréal

Une subvention de 366 000 $ sur 4 ans est également accordée à la Ville de Montréal pour créer un poste de conseiller en développement communautaire autochtone au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le reste de l’argent sera divisé en programmes de prévention de la criminalité, en sécurité urbaine et dans le financement d’une équipe d’intégration sociale et de liaison de la région métropolitaine.

La ministre avait d’ailleurs annoncé le 24 septembre dernier le lancement de l’escouade Centaure, une unité répressive lutter contre les armes à feu.

Un message aux jeunes

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, encourage les jeunes qui ont connaissance de tout élément touchant aux armes à feu et à la criminalité à se confier.

Il y a sûrement des jeunes qui ne sont pas à l’aise avec ce qui se passe. Je les encourage à parler à un parent, à un intervenant pour qu’on puisse intervenir en amont.

Sylvain Caron, directeur du SPVM

Hani Ouahdi a été tué jeudi dernier à Anjou. Il était à l’aube de la vingtaine et n’était pas connu des services de police. Cet homicide par arme à feu s’ajoute notamment à ceux de Thomas Trudel, 16 ans, et Meriem Boundaoui, 15 ans, abattue à Saint-Léonard en février dernier.

Jannai Dopwell-Bailey, également âgé de 16 ans, avait été poignardé à mort en octobre dernier devant son école du quartier Côte-des-Neiges.