(Ottawa) Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau devra travailler fort pour obtenir le vote du caucus du Nouveau Parti démocratique (NPD) pour son discours du Trône et ses différents projets de loi.

Catherine Lévesque La Presse Canadienne

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, prévient que ses troupes seront prêtes à appuyer les initiatives libérales si et seulement si elles sont alignées avec les valeurs progressistes de son parti. M. Singh croit qu’un bon point de départ serait de renoncer à porter en appel une décision judiciaire liée à l’indemnisation d’enfants des Premières Nations retirés de leur famille.

« Si le gouvernement libéral veut travailler avec nous, on a besoin de signes qu’il est prêt à travailler ensemble et de signes qui montrent qu’il a les mêmes valeurs ou des objectifs qui sont similaires aux nôtres », a-t-il déclaré, jeudi, au terme de la première rencontre en personne avec son caucus depuis les élections du 20 septembre dernier.

Le NPD se dit aussi prêt à collaborer pour mettre en œuvre les journées de congé de maladie payées par le fédéral, ainsi que de faire avancer les ententes pour un système national de garderies à 10 $ par jour au pays.

Mais le NPD refusera de donner son appui aux initiatives libérales si elles ne satisfont pas les « standards » des néo-démocrates. M. Singh promet de se fier aux résultats des libéraux et non à leurs « belles paroles ».

« Nous avons refusé de donner notre appui par le passé et nous sommes prêts à le faire de nouveau », a-t-il soutenu en conférence de presse.

Il s’agit d’un durcissement de ton de la part de M. Singh qui, dans la dernière législature, s’était dit prêt à soutenir le mandat minoritaire du gouvernement libéral pendant quatre ans, au besoin, afin de faire avancer des dossiers communs. Le NPD avait notamment été le seul allié des libéraux lors de son discours du Trône à l’automne 2020 et son budget au printemps 2021.

M. Singh dit que son parti n’a pas encore rencontré les libéraux pour faire le point sur les priorités législatives du NPD, mais ajoute qu’elles sont bien connues de la part des troupes libérales.

« Nous allons nous battre pour les choses que nous avons soulignées, pour l’aide dont les gens ont besoin, que ce soit de lutter contre la crise climatique, pour la baisse de nos émissions, de se battre pour créer des bons emplois, de s’assurer qu’on investit en soins de santé et l’aide pour les travailleurs et petites entreprises, que les congés de maladie payés aillent de l’avant », a-t-il dit.

« Nous sommes prêts à retenir nos votes et c’est pourquoi nous appelons le gouvernement à démontrer qu’il est intéressé à travailler avec nous », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, M. Singh ne fera pas l’objet d’un éventuel vote de confiance de la part de son caucus malgré un résultat électoral moins bon qu’espéré, vu les ressources qui y ont été consacrées. Les députés néo-démocrates n’ont pas souhaité se donner ce droit de retirer leur chef, à l’instar des conservateurs, comme le prévoit la Loi instituant des réformes adoptée en 2014.

Au terme de la campagne, le NPD n’a fait élire que 25 députés, soit un seul de plus qu’en 2019. Le stratège politique Bob Dewar sera responsable de mener un examen approfondi de la dernière campagne électorale. Le rapport ne sera pas rendu public au terme de ces consultations, a confirmé M. Singh. Il servira plutôt de feuille de route et de référence à l’interne pour la prochaine campagne, a-t-il dit.