(Québec) François Legault revient à la charge en traitant Gabriel Nadeau-Dubois de « woke ». Il donne du même coup sa propre définition de ce mot, affirmant qu’il s’agit pour lui d’une personne « qui veut nous faire sentir coupable de défendre la nation québécoise [et] de défendre ses valeurs ».

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

En point de presse, jeudi, le premier ministre est revenu à la charge sur ce sujet en allocution d’ouverture. Il accuse le chef solidaire de vouloir « qu’on se sente coupable » de défendre les valeurs du Québec, alors que ce dernier s’oppose entre autres à la loi 21 sur la laïcité de l’État.

Pour le premier ministre, s’opposer à cette loi adoptée par le gouvernement caquiste est « un des éléments » qui définit un « woke », surtout quand on affirme que cette loi est discriminatoire. « Pour moi, un woke, c’est quelqu’un qui voit de la discrimination partout », a dit M. Legault.

« On peut être en désaccord avec la loi 21, mais de dire que c’est discriminatoire et que la nation québécoise n’a pas le droit de défendre les valeurs de sa majorité, c’est un débat qui devient très important », a-t-il ajouté.

En point de presse plus tôt en matinée lundi, Gabriel Nadeau-Dubois a pour sa part refusé de définir ce qu’est un « woke ». Il a affirmé que « personnellement, je ne sais trop ce que ça veut dire, de toute évidence, François Legault non plus ».

« J’ai une maîtrise en sociologie et que j’essaie d’utiliser des mots, dont je connais le sens, je n’ai aucune idée de ce que François Legault veut dire », a-t-il ajouté.

Vendredi, MM. Legault et Nadeau-Dubois se sont affrontés dans un échange acrimonieux au Salon bleu, le chef solidaire accusant le chef caquiste de « Duplessis » et ce dernier répliquant qu’il avait devant lui un « woke ».

Dans un récent reportage, France Culture cite une journaliste du Figaro qui explique que le mot « woke », d’abord popularisé dans les universités américaines, signifie être « éveillé » aux injustices et définir son action politique pour les débusquer. Le journal Le Monde a aussi défini « woke » dans un reportage en 2018 comme étant « être conscient des injustices et du système d’oppression qui pèsent sur les minorités ».

Au Québec, le terme a aussi été utilisé dans différents contextes pour qualifier une frange militante des mouvements sociaux et politiques de gauche.