(Québec) Le ton a monté au deuxième jour de la rentrée parlementaire à Québec. François Legault a traité Gabriel Nadeau-Dubois de woke, ce à quoi le chef de Québec solidaire a répliqué que le premier ministre n’est pas un « monarque » et qu’il ne peut pas « expulser symboliquement de la nation québécoise » ceux qui sont en désaccord avec lui.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Cet échange acrimonieux au Salon bleu teinte les premiers échanges entre MM. Legault et Nadeau-Dubois depuis que ce dernier a succédé à Manon Massé à titre de chef parlementaire de sa formation politique. Les deux hommes débattaient, lors de la période des questions, de sujets comme la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis et la contestation de la loi 21 sur la laïcité de l’État.

« Depuis quelques jours, le premier ministre a succombé à l’un de ses pires défauts. Il s’est mis à faire sa meilleure imitation de Maurice Duplessis. Il s’est autoproclamé chef de la nation québécoise. Je suis désolé de péter sa balloune, mais je pense qu’il faut que quelqu’un le fasse. Le premier ministre […] devrait se garder une petite gêne avant de prétendre incarner à lui seul le Québec en entier », a dit M. Nadeau-Dubois en chambre.

« Le chef de Québec solidaire nous parle de Maurice Duplessis. Il avait beaucoup de défauts, mais il défendait sa nation. Il n’était pas un woke comme le chef de Québec solidaire », a répliqué M. Legault.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

François Legault

Le premier ministre a également affirmé qu’une grande majorité de Québécois appuient la loi 21 qui interdit le port de signes religieux à certaines personnes en position d’autorité, incluant les policiers et les enseignants.

« Il y a des Québécois qui sont pour la loi 21. Ces gens-là sont des Québécois à part entière. Il y a des Québécois et des Québécoises qui sont contre la loi 21. Et ces gens-là sont tout autant des Québécois et des Québécoises », a répliqué M. Nadeau-Dubois.

Champ de compétence des provinces

Toujours au cours de cet échange, le premier ministre a demandé à son vis-à-vis s’il était du combat pour exiger d’Ottawa qu’il respecte le champ de compétence des provinces, ou mieux qu’il en cède à Québec.

« Moi, là, jouer à ‟ne touche pas à ma compétence” avec Ottawa, honnêtement, ça ne m’intéresse pas tant que ça », a répondu le chef solidaire, ajoutant du même souffle que son parti est souverainiste et souhaite avoir toutes les compétences à l’Assemblée nationale.

« Le chat vient de sortir du sac, a toutefois rétorqué M. Legault. On a tous bien entendu le chef parlementaire de Québec solidaire qui a dit : ‟défendre les compétences du Québec face à Ottawa, ça ne m’intéresse pas”. Ça veut dire qu’on attend un référendum sur la souveraineté. À ce que je sache, Québec solidaire ne promet pas ça dans un mandat. »