(Québec) Frantz Benjamin était à son bureau de circonscription il y a quelques semaines quand il a reçu un appel paniqué de sa fille de 16 ans. L’adolescente qui revenait de l’école a trouvé son quartier bouclé par les policiers, alors qu’une fusillade avait éclaté à deux maisons seulement de son domicile familial.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le député libéral se rappelle de la voix inquiète de son enfant qui lui a dit au téléphone : « papa, je suis inquiète et j’ai peur ». Au premier jour de la reprise des travaux parlementaires, mardi, il a partagé cette histoire lors de la période de questions afin d’interpeller la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, pour enrayer la hausse de violence par arme à feu qui secoue le Grand Montréal.

« Ça n’a plus d’allure ce qui arrive. Des familles ne veulent plus aller au parc avec leurs aînés et des aînés n’osent plus sortir de chez eux parce qu’ils ont peur. Ils ne veulent pas que des enfants attrapent des balles perdues », affirme M. Benjamin, alors que La Presse rapporte mardi le témoignage à glacer le sang d’une mère d’un enfant de 9 ans qui a été atteint par balle lors d’une récente fusillade à Contrecœur.

Éviter que la violence se propage

Interpellée au Salon bleu, la ministre Geneviève Guilbault a affirmé mardi qu’elle préparait un plan « encore plus gros » que ce qui a été mis en place à ce jour pour combattre la violence par arme à feu. Elle n’a pas donné de détails, mais a promis que le tout serait annoncé « dans les prochains jours ».

Québec promet entre autres de mettre en place « une force de frappe policière sans précédent », en agissant à la fois en « répression de ce qui se passe à Montréal et en prévention de ce qui se passe dans d’autres régions », a dit la ministre.

En juin dernier, Mme Guilbault a également annoncé un investissement de cinq millions de dollars additionnel destiné à l’Équipe affectée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA) du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). La ministre de la Sécurité publique a aussi annoncé en août dernier que le corps policier montréalais et la Sûreté du Québec (SQ) formeraient une équipe pour lutter contre le trafic d’armes à feu dans la région métropolitaine.

Le député libéral Frantz Benjamin souhaite que le gouvernement Legault tienne également un forum avec tous les corps de police au Québec qui porterait exclusivement sur l’enjeu de l’augmentation de la violence et le contrôle des armes à feu.

« Ce n’est pas normal que des ados se baladent avec des armes à feu. Ce n’est pas Montréal, ce n’est pas le Québec », a dit M. Benjamin.