(Québec) Après une autre session marquée par la COVID-19, les parlementaires quittent le Parlement, vendredi, les yeux remplis d’espoir. Ils souhaitent un automne politique déconfiné, où la gestion de la pandémie ne monopolisera plus l’attention des électeurs. À un peu plus d’un an du prochain scrutin, les oppositions font leur bilan.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Parti libéral : une vision économique moins « comptable »

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Dominique Anglade

Une année après son couronnement à la tête du Parti libéral du Québec, la cheffe Dominique Anglade estime être parvenue à insuffler un vent de changement à sa formation politique. Elle cite la protection du français, où elle n’a pas caché aller plus loin que son prédécesseur, Philippe Couillard, en faisant « une question centrale » sous son leadership. « On pense surtout à la vision économique également », a-t-elle lancé. « On va encourager, bien sûr, que les entreprises fassent des profits, mais qu’elles s’occupent aussi de leur monde, de la planète et je pense que ces éléments-là nous distinguent par rapport à avant », a ajouté Mme Anglade. Elle parle « d’une fin de cycle » où « la vision comptable » a toujours été principalement considérée. « On veut parler d’une économie où c’est aussi le progrès social et environnemental se conjuguent ». Son équipe d’élus, surtout concentrés à Montréal, partira cet été à la rencontre des régions, alors que l’automne 2021 marquera le début de l’année préélectorale. Le projet de « tunnel caquiste » entre Lévis et Québec, la transparence et l’explosion du coût des maisons des aînés sont au nombre des enjeux sur lesquels les libéraux talonneront le gouvernement.

Québec solidaire : « Le premier ministre nous sous-estime »

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé

Gabriel Nadeau-Dubois en est convaincu : « le premier ministre nous sous-estime, parce que nous, on sait où on s’en va ». Au terme de la session parlementaire, le leader parlementaire solidaire – qui remplacera dès la rentrée politique de l’automne Manon Massé à titre de chef – tente de se positionner comme l’option de rechange au gouvernement. « Je pense qu’on a démontré que l’alternative à la Coalition avenir Québec, c’est Québec solidaire », affirme Mme Massé. Gabriel Nadeau-Dubois débutera son nouveau mandat pratiquement 10 ans, jour pour jour, depuis le printemps érable. De figure de la contestation étudiante à politicien établi, le prochain chef solidaire affirme avoir appris avec le temps le sens de l’écoute. « Je ne suis pas sûr que j’ai toujours eu cette qualité-là », a-t-il admis. Son nouveau vis-à-vis, François Legault, jouit d’une « certaine popularité », a-t-il dit, précisant que le premier ministre est selon lui « plus populaire que son projet de société ». Au terme de la session, Québec solidaire a souligné à grands traits son travail en matière de logement, mais aussi sur les questions éthiques, alors que l’ex-ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’est retiré du conseil des ministres.

Parti québécois : « La pandémie sera terminée »

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, y va d’une prédiction. À l’automne, après plus d’un an où la COVID-19 a monopolisé l’attention politique, « la pandémie sera terminée et on pourra aller au fond des choses ». Selon lui, la prochaine session parlementaire qui débutera en septembre – et qui marquera le décompte d’une année préélectorale – sera celle de « la vraie partie [qui] va commencer dans un environnement où tous les sujets […] auront toute la place requise ». D’ici là, M. St-Pierre Plamondon entend rencontrer les électeurs cet été, alors que « la population [a] hâte de siroter un cooler ou un vin rosé », au terme de sacrifices qui sont faits depuis de longs mois. Au terme de cette session, le chef péquiste – qui refuse de dire s’il se présentera candidat dans une éventuelle élection partielle cet automne – souligne le bilan de sa formation politique, qui incarne entre autres le combat pour renverser le déclin de la langue française, plutôt qu’embellir sa décroissance, a-t-il dit.